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Fatima Errady, stagiaire à Exeko, a récemment participé aux ateliers donnés à l'Auberge Madeleine, un organisme qui a pour mission d’accueillir, d’héberger et de supporter des femmes seules en situation d’itinérance âgées de 18 ans et plus. Voici un bref témoignage de son expérience.

Dans le mois d'août, j’ai pu participer à trois ateliers d’écriture qui ont eu lieu à l’Auberge Madeleine. Chaque rencontre était différente de l’autre car le thème de la conversation changeait chaque semaine et les participantes n’étaient pas les mêmes.

Ce que j’ai beaucoup apprécié de ces ateliers est l’exercice qu’on fait vers la fin de chaque séance. En effet, pour chaque thème, les médiatrices nous invitent à écrire en fonction du genre littéraire qu’elles proposent notamment rédiger des lettres personnelles ou composer de la poésie. Cet exercice permet de nourrir les esprits et surtout de se plonger dans le passé. En effet, plusieurs participantes ont confié que depuis le secondaire, voire le primaire pour certaines, elles n’ont plus écrit de lettres ou de poésie.

Avec cet atelier, les médiatrices proposent uniquement des pistes. Toutefois, les participantes peuvent s’approprier de ces pistes de manière très subjective car l’objectif, comme l’ont bien précisé les deux médiatrices au début de l’atelier, est de rester critique peu importe la situation, de faire une sorte « de gym de la pensée ».

À la fin de chaque atelier, je suis vraiment étonnée de la richesse de nos conversations. En effet, dans chaque atelier, je me rends compte que tout le monde a des savoirs, des connaissances peu importe leurs milieux d’origine ou/et leur condition de vie. Il est important de les valoriser et d’écouter toute la richesse que chacune a emporté de son passé.

Voici le récit d’une participante qui remercie les médiatrices pour la mise en place de cet atelier.

Une participante : « Vous savez, ça aide beaucoup surtout quand on est des personnes marginalisées ou dans des situations un peu difficiles parce que ça réveille des intérêts et puis, on élargit l'horizon. Quand on a beaucoup d'intérêts, c’est plus facile remonter la pente, quand le cœur et le corps sont occupés… »

La médiatrice : « Ça nous fait plaisir d’entendre ça car nous, on offre et puis les gens en font ce qu’ils veulent. Nos activités c’est un peu comme un déclencheur et puis les gens peuvent s’approprier de ça de manière très personnelle. Des fois, ça pourrait être juste pour se changer les idées. »

Richard Sabeh

Texte: Richard Sabeh

Tous les mercredis, depuis le mois de juin et pour tout le reste de l'été, Exeko anime des ateliers idAction aux Jardins Gamelin. Il s'agit d'une opportunité de libérer l'expression des participant.e.s en les engageants dans des discussions philosophiques, des débats d'actualités et des activités artistiques. Situé à l'ouest du parc, le cabanon partagé de la Société de Développement Social s'est transformé en une véritable agora où l'ouverture et la parole sont mises au service d'une meilleure compréhension de notre société.

Au fil des semaines, les participant.e.s ont contribué à l'élaboration d'une réflexion collective prenant racine dans leur quotidien à commencer par le lieu même où elle s'est déroulée. Les Jardins Gamelin ont en effet subi de profondes transformations dans les dernières années, ce qui nous a semblé suggérer une réflexion sur l'identité et la possibilité du changement. Les habitué.e.s du parc ne manquaient pas de chose à dire à ce sujet et n'ont pas hésité à faire le lien entre l'identité du parc et la leur.

L’un des participants qui le fréquente assidûment, comme les archives de la BAnQ, nous replonge dans l'histoire du parc et de la religieuse de qui il tire son nom. La Bienheureuse Émilie Gamelin a voué sa vie à améliorer le destin des femmes les plus démunies, des personnes âgées sans famille, des personnes souffrant de graves déficiences, des mésadapté.e.s, des sans-emplois, des immigrant.e.s frappé.e.s du choléra ainsi que des insurgé.e.s de la rébellion de 1837 incarcéré.e.s à la prison du Pied-du-Courant. Pour lui, les Jardins Gamelin qui occupent l'ancien site de l'Asile de la Providence qu'elle a fondé, tiennent leur identité de cette femme, mère des causes sociales de Montréal, ayant tout donné pour aider les autres. Il souhaite que son héritage y soit préservé et reconnait que malgré les changements, plusieurs des ressources qu'on y offrait, comme les distributions alimentaires, le sont toujours. Toutefois, il pense que la transformation du parc aurait dû favoriser davantage la mixité sociale. « Un ami, c'est comme vous, quelqu'un qui écoute, quelqu'un qui te parle. C'est un être humain, pas un objet, pas quelqu'un qui te traite comme un objet. Mais parfois, comme ici, on donne une concession, on nettoie le gazon, c'est beau. Et je comprends les commerçants qui pensent à leur portefeuille mais quand on considère les gens comme un problème parce qu'ils ne sont pas des clients, c'est les traiter comme des objets. Ce n’est pas ça être un ami. » Pour lui, on ne peut pas changer d'identité, qu'il s’agisse d'un lieu ou d'une personne, mais on peut devenir la meilleure version possible de soi-même.

Ces inquiétudes ont trouvé échos chez un autre participant, résident du quartier qui vient moins régulièrement au parc depuis l'aménagement de la terrasse et de scènes de spectacle. « Il y a trop d'activités. Je préférais quand c'était plus tranquille. Je me sentais moins sollicité. Il y a un sentiment de liberté qui émane d'un terrain vague. Maintenant avec toutes les animations, c'est comme si je devais venir pour y faire quelque chose. Je venais juste pour être tranquille. Ce n’est pas quelque chose ça. »

Un troisième participant, qui est ici pour l'été et se promenait dans le parc avec son sac à dos d'expédition, croit pour sa part fermement au changement. « Avant je buvais beaucoup, mais là j'ai arrêté et c'est sûr que ma personnalité a changé. » S'il ne connaissait pas le parc avant de nous rencontrer, il ne doute pas qu'il soit possible d'en faire un lieu où tout le monde se sentirait accueilli.

À la volée, nous entendons une femme qui discutait avec ses ami.e.s sur le côté du cabanon se lever et s'écrier en riant : « De temps en temps on meure, pis de temps en temps on ressuscite. » À plusieurs reprises nous avons recueilli les récits de ces hauts et de ces bas que vivent régulièrement la population en situation d'itinérance. On nous confie parfois aussi que l'aide reçu d'organismes, de la famille, mais surtout de leur réseau de support social contribue à leur donner la force nécessaire pour faire des changements positifs et s'aimer davantage. « On ne peut pas faire le travail à la place de quelqu'un. On peut lui offrir notre aide, notre écoute et les ressources pour lui donner une chance. Mais on ne peut pas forcer quelqu'un à changer. » Ces mots semblent faire consensus puisqu'ils nous sont parvenus sous une forme ou sous une autre de plusieurs participant.e.s.

La communauté des Jardins Gamelin est à l'image de Montréal, hautement diversifiée. Mais à l'heure actuelle, on voit dans le parc des groupes cantonnés en deux grandes sections : l'avant, donnant sur les restaurants de Sainte-Catherine et l'arrière, bordant la gare d’autobus du boulevard de Maisonneuve, dessinent les contours de deux mondes qui se côtoient sans se rencontrer. On se prend à rêver que cette frontière imaginaire se transforme en point de contact. Peut-être qu’il s’agit de sa vocation.

L'avis de notre participant historien : « Je pense qu'on doit travailler à raffermir le tissu social, il est blessé. Je pense que ça règlerait bien des problèmes, peut-être même une partie de la criminalité. Si les gens se connaissaient plus, se saluaient et se parlaient. Je pense qu'il y aurait moins de crime, moins de souffrance ; ils auraient moins peur. »

Juste avant de partir, au moment où nous fermions le cabanon, un homme qui saignait de la joue et sa copine sont venu.e.s nous demander de l'aide. Un médiateur de la SDS leur a remis de l'alcool et des pansements et nous leur avons installé deux chaises. Une fois qu'elle eut nettoyé et pansé la plaie, elle chuchota à son patient : « Si j'avais plus d'équipement je t'aurais guéri au complet. »

 

Le gouvernement du Québec fier partenaire du programme idAction

Lourdes Rodriguez del Barrio est professeure titulaire à l’École de Travail social de l’Université de Montréal. Elle dirige l’Équipe de Recherche et d’Action en Santé Mentale et culture (ERASME) ainsi que l’Alliance de Recherche internationale Université-Communauté Santé Mentale et Citoyenneté (ARUCI-SMC) qu’elle a fondée. Finalement, depuis juin 2017, elle est directrice scientifique à la recherche sociale du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal (NIM).

Ses recherches ont contribué à la création de nouvelles approches d’intervention et d’évaluation; elles ont ainsi eu des impacts sur le plan de l’élargissement de la capacité d’agir des personnes vivant des expériences de souffrance et des situations d’exclusion, en améliorant leur qualité de vie, leur mieux-être et leur participation citoyenne. Elles ont aussi conduit au changement de politiques et de pratiques des organisations communautaires et publiques. Sur le plan méthodologique, ses recherches ont donné lieu à une réflexion critique et à un approfondissement des méthodes en recherche qualitative, en recherche-action participative de même qu’en évaluation pluraliste et formative. Ce type de recherche, engagée dans le changement, a exigé à ce que les planificateurs, intervenants et usagers des services soient impliqués dans toutes les étapes de ses projets : de la définition des questions de recherche à la mobilisation des connaissances acquises. Au-delà de ses propres expertises, Lourdes est une chercheure toujours désireuse d’apprendre de ceux et celles venant d’autres horizons. Le travail interdisciplinaire et intersectoriel est, pour elle, une passion et une pratique courante.

Bienvenue Lourdes!

Diplômé de l’Ecole de service social de l’Université de Montréal, Ricardo Lamour porte plusieurs chapeaux en plus de celui de comédien. Avec une grande expérience dans le milieu culturel, communautaire ainsi que dans l’écosystème philanthropique, il saura nous aider avec sa sensibilité analytique.

En 2014, il lance le premier album de rap unplugged au Québec. En 2016, l’auteur-compositeur-interprète lance son deuxième album. Il présente sa musique à Pointe Noire, au Congo, à l’été 2017 dans le cadre du Festival Afropolitain Nomade. Fondateur de Bout du Monde et des Productions Emrical, Ricardo Lamour est aussi entrepreneur social et chroniqueur. Il se spécialise dans les stratégies à mettre en place afin de créer des environnements favorables aux choix santé et à la mobilisation citoyenne. Ricardo est en mesure de mettre en place des mécanismes de planification concertés et collectifs, d’évaluation de processus, d’influence auprès des décideurs. Ricardo Lamour est membre de la commission permanente de Culture Montréal sur la citoyenneté culturelle des jeunes, administrateur d’un organisme de justice alternative, juge et ancien lauréat du prix Forces Avenir, lauréat du Prix Pauline-Julien (Petite Vallée en 2010), récipiendaire du lys de la diversité de Média Mosaïque en 2016, et enfin, récipiendaire de la médaille du 28e Lieutenant-Gouverneur du Québec Pierre Duchesne.

Bienvenue Ricardo !

« Est-ce que ce qu'on fait aujourd'hui va changer la couleur du ciel? Respectons notre génie. »

Pages

Paroles poétiques ou politiques de plusieurs femmes rencontrées au Chaînon.

Un témoignage de Mathilde Carignan et Maude Talbot, deux étudiantes en médecine en stage chez Exeko.
 

Arrivées dans les locaux d’Exeko depuis un...
Le sept août dernier, j’ai fait ma première sortie avec Idaction Mobile. J’accompagnais Dukakis, médiateur.
Par un heureux hasard (pour moi), la...

Un dialogue sur la médiation dans un contexte de diversité culturelle, entre Frédérique Lévesque et Ducakis Désinat.

  • « By engaging with people on a deep level, we see Exeko reinvigorating individual spirit to rebuild society in a new way. Exeko's work is not about small projects, but about achieving full social inclusion at a systemic level. [...] we believe that Exeko will reach a level of systemic impact with Quebec, Canada and the world within 5-10 years. »

    Elisha Muskat, Executive Director, Ashoka Canada

  • « Its goal? To develop reasoning, critical thinking, logic, and increase citizen participation of these marginalized groups. »

    Caroline Monpetit, Le Devoir (free translation)

  • «  I write my thoughts in my head, not on paper, and my thought is not lost. »

    Participant @PACQ

  • « Why use paper when it is as beautiful as this? »

    One of the co-creator for Métissage Urbain

  • « I Have my own identity ! »

    Putulik, Inuit participant, Métissage Urbain

  • « It is terrible for a society to ignore people with such talent! »

    Hélène-Elise Blais, les Muses about ART and ID projects

  • « Art has the advantage to make people talk about abilities rather than limitations, when confronted with an intellectual disability.  »

    Delphine Ragon, Community Programs Manager, Les Compagnons de Montréal

  • « Over the past few years, we have been seeing more and more high quality productions by people with an intellectual disability who truly are artists.  »

    Julie Laloire @AMDI

  • « Exeko implements creative solutions to several problematic, gives a voice to those we don't hear and hope to the underprivileged. »

    Bulletin des YMCA

  • « Its goal? To develop reasoning, critical thinking, logic, and increase citizen participation of these marginalized groups. »

    Caroline Monpetit, Le Devoir (free translation)

  • « ...empowering the children, and giving them confidence »

    APTN National News

  • « It’s a great program for children to learn about their traditions and to increase their interaction with Elders in the community. »

    Erika Eagle, Social Development Assistant with Waswanipi Brighter Future

  • « We are not higher, we are not lower, we are equal. »

    Simeoni, participant idAction Mobile

  • « Receving is good, but giving is better »

    Participant [email protected]

  • « They're both people. We're not looking enough after people with problems, and mostly with mental health issues. Then we would have more people able to work. »

    Participant, [email protected] Bonneau

  • « What better way to strengthen intergenerational ties? [...] A meeting between peers, a place for expression, learning and recovery »

    Chantal Potvin, reporter at Innuvelle

  • «  I don't know everything, but while reading it, it always bring me one step closer »

    A participant, idAction Mobile

  • «  By engaging with people on a deep level, we see Exeko reinvigorating individual spirit to rebuild society in a new way. Exeko's work is not about small projects, but about achieving full social inclusion at a systemic level. [...] we believe that Exeko will reach a level of systemic impact with Quebec, Canada and the world within 5-10 years. »

    Elisha Muskat, Executive Director, Ashoka Canada

  • «  ...empowering the children, and giving them confidence »

    APTN National News

  • «  I was completely alone today, thanks for talking to me »

    Elie, participant @idAction Mobile

  • «  They're both people. We're not looking enough after people with problems, and mostly with mental health issues. Then we would have more people able to work. »

    Participant, idAction[email protected] Bonneau

  • «  Today, the power acquired through knowledge is more far-reaching than knowledge itself. »

    André Frossard

  • « By engaging with people on a deep level, we see Exeko reinvigorating individual spirit to rebuild society in a new way. Exeko's work is not about small projects, but about achieving full social inclusion at a systemic level. [...] we believe that Exeko will reach a level of systemic impact with Quebec, Canada and the world within 5-10 years.»
    Elisha Muskat, Executive Director, Ashoka Canada
  • « Exeko implements creative solutions to several problematic, gives a voice to those we don't hear and hope to the underprivileged.»
    Bulletin des YMCA
  • « Over the past few years, we have been seeing more and more high quality productions by people with an intellectual disability who truly are artists. »
    Julie Laloire @AMDI
  • « Art has the advantage to make people talk about abilities rather than limitations, when confronted with an intellectual disability. »
    Delphine Ragon, Community Programs Manager, Les Compagnons de Montréal
  • « It is terrible for a society to ignore people with such talent!»
    Hélène-Elise Blais, les Muses about ART and ID projects
  • « I Have my own identity !»
    Putulik, Inuit participant, Métissage Urbain
  • « Why use paper when it is as beautiful as this?»
    One of the co-creator for Métissage Urbain
  • « I write my thoughts in my head, not on paper, and my thought is not lost.»
    Participant @PACQ
  • « Its goal? To develop reasoning, critical thinking, logic, and increase citizen participation of these marginalized groups.»
    Caroline Monpetit, Le Devoir (free translation)
  • « Its goal? To develop reasoning, critical thinking, logic, and increase citizen participation of these marginalized groups.»
    Caroline Monpetit, Le Devoir (free translation)
  • « Today, the power acquired through knowledge is more far-reaching than knowledge itself.»
    André Frossard
  • « They're both people. We're not looking enough after people with problems, and mostly with mental health issues. Then we would have more people able to work.»
    Participant, [email protected] Bonneau
  • « They're both people. We're not looking enough after people with problems, and mostly with mental health issues. Then we would have more people able to work.»
    Participant, [email protected] Bonneau
  • « We are not higher, we are not lower, we are equal.»
    Simeoni, participant idAction Mobile
  • « I was completely alone today, thanks for talking to me»
    Elie, participant @idAction Mobile
  • « Receving is good, but giving is better»
    Participant [email protected]
  • « What better way to strengthen intergenerational ties? [...] A meeting between peers, a place for expression, learning and recovery»
    Chantal Potvin, reporter at Innuvelle
  • «  ...empowering the children, and giving them confidence»
    APTN National News
  • « By engaging with people on a deep level, we see Exeko reinvigorating individual spirit to rebuild society in a new way. Exeko's work is not about small projects, but about achieving full social inclusion at a systemic level. [...] we believe that Exeko will reach a level of systemic impact with Quebec, Canada and the world within 5-10 years.»
    Elisha Muskat, Executive Director, Ashoka Canada
  • « It’s a great program for children to learn about their traditions and to increase their interaction with Elders in the community.»
    Erika Eagle, Social Development Assistant with Waswanipi Brighter Future
  • « ...empowering the children, and giving them confidence»
    APTN National News