Entrevue avec Batone : l’art comme une expression de l’intériorité

Entrevue avec Batone : l’art comme une expression de l’intériorité

Le but de cette rencontre et de celles qui suivront est de vous raconter ce qui se passe sur le terrain – pas seulement ce qui est visible des caméras, mais aussi tout le processus qui vient avant et après. On y verra aussi plus en détail les projets qui se déroulent en ce moment, des moments forts vécus par nos médiatrices et médiateurs, leurs différentes approches, etc.

Batone et moi nous sommes rencontrés virtuellement le mercredi 5 mai. Batone est médiateur depuis 2016 et travaille sur plusieurs projets comme la idAction Mobile, Métissages Urbains, idAction avec le Comité jeunesse de Montréal-Nord et plusieurs autres. Dans ce témoignage, il nous partage sa philosophie, mais aussi des anecdotes et des moments touchants vécus dans le cadre de ces différents projets.

En vous souhaitant de belles rencontres avec notre équipe!

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illustration de Maude Blanchet Léger
Illustration : Maude Blanchet Léger

Sur quels projets travailles-tu en ce moment?

Je travaille sur deux projets présentement. idAction Mobile c’est mon projet fixe; tous les lundis jusqu’à nouvel ordre, c’est ma journée de tournée avec la van. C’est un projet avec lequel j’ai une profonde identification, par l’approche, la mobilité, libre de rejoindre différents groupes à l’intérieur d’une plage horaire et de travailler toujours la rencontre et l’improvisation – l’improvisation au sens de présence, d’écoute. 

Et l’autre projet c’est des ateliers plus structurés, de planification à moyen-terme, avec des buts plus ou moins définis. C’est un atelier à Montréal-Nord, au centre jeunesse-emploi avec un groupe de jeunes en réinsertion étude-travail. Je partage la création des ateliers avec Kena et la coordination de Tiphaine et on a dix rencontres. On s’est rendu à la septième rencontre déjà, donc on commence à clôturer… C’est axé sur des thèmes comme l’esprit critique, la perception de soi, le sens d’appartenance, donc avec des thèmes qui sont revisités à chaque rencontre. Ça fait deux projets qui ont une certaine distance entre eux, mais aussi une complémentarité. Je travaille beaucoup sur Métissages Urbains, chaque fois qu’on a ce projet; ça fait déjà trois ans, quatre même – toutes les années, sur Métissages Urbains et j’accompagne des résidences artistiques et… J’ai fait d’autres projets aussi, de concertation de quartier… La seule chose que j’ai pas fait encore au sein d’Exeko c’est des intensifs dans les régions.

Oui, comme à Val-D’Or?

Oui en communauté autochtone.

C’est quelque chose qui t’intéresserait, tu penses?

Oui, oui! Mais pour l’instant c’est pas possible pour moi parce que je peux pas m’absenter si longtemps de la maison, mais c’est quelque chose que, à l’avenir, si l’opportunité vient, j’aimerais le faire.

En ce moment, les ateliers à Montréal-Nord, c’est quoi la fréquence, c’est à chaque semaine?

C’est à chaque semaine oui, tous les vendredis.

Puis cet atelier-là, on peut parler d’idAction Mobile aussi, la caravane, quelles préparations ça implique? Avant l’atelier, après…

Oui c’est toujours la récolte de matériel, donc on travaille avec des cahiers, des papiers, toutes sortes d’éléments qui peuvent laisser une trace, mais dans cet atelier en particulier, on travaille depuis le début jusqu’à la fin avec l’enregistrement caméra, l’enregistrement vidéo. Donc la trace principale, ce serait une édition vidéo qui compile un ensemble d’activités de questions-réponses qu'on a faites individuellement devant la caméra. On a préparé plusieurs jeux de questions-réponses dynamiques pour que chaque participant·e dévoile son état d’esprit au jour, ses préférences, il revisite des souvenirs, il raconte des anecdotes personnelles. C’est avec ce matériel là qu’on va après faire un regard, qu’on va ensemble montrer ça au groupe avant la fin pour utiliser aussi comme matériel de réflexion. On va penser la fluidité, le changement, les états de mœurs, de présence même, on va voir l’évolution de complicité de groupe, comment on se présentait au début et on performait à la fin. Donc tout ça dans le but de travailler un tissu de confiance en tant que groupe et à l’intérieur de chaque individu qui compose le groupe, donc l’idée va dans ce sens là.

Au niveau des préparations, c’est toujours deux heures pour penser. Avec Kena – c’est une médiatrice expérimentée aussi et avec laquelle j’ai beaucoup de familiarité à travailler – on a une synergie qui fonctionne facilement sur le terrain. On a beaucoup de confiance à simplement envisager les lignes générales. Donc au cours de la semaine, on change des textes, des questions, parfois on se rencontre sur zoom pour jaser de qu’est-ce qu’on va faire pour l’atelier de la semaine. J’ai tout le matériel – on a créé une boîte pleine de balles de jonglerie, des crayons de couleurs, de choses comme ça, des cahiers. Donc j’ai une boite pour l’atelier plein de matériel chez moi que j’amène en voiture là-bas et comme on a défini que la caméra va traverser tous les ateliers, le travail de planification de chaque atelier, c’est toujours à partir de qu’est-ce qu’on va faire avec la caméra, cette fois-ci.

C’est amusant et on travaille beaucoup aussi une horizontalité du développement de l’atelier, donc on partage toujours les impressions – on récolte les impressions des participant·es pour s’assurer qu’à chaque atelier on continue dans la même direction, ou si on fait un détour, ou si on explore quelque chose qui est apparu qui peut être intéressant. Pour l’instant c’est le plan de match original qui se maintient encore.

Je jase au courant de la semaine avec Kena par texto, par message vocal et on a presque 45 minutes de déplacement de voiture pour arriver là-bas à Montréal-Nord, c’est loin, donc on a le temps de se nourrir de ce qu’on va présenter.

Oui, dans la van vous avez le temps de parler ensemble beaucoup dans le trajet et aussi je me demandais, ça fait plusieurs projets que tu fais avec Kena?

On a déjà fait d’autres projets, j’ai travaillé avec elle dans un projet avec le Groupe de l’Itinéraire. On a fait dix rencontres sur le cinéma marginal, puis on a travaillé avec la caméra pour créer des vidéos absurdes, des images éclatantes, il y avait beaucoup d'expérimentations. On s’est appuyé sur le cinéma expérimental marginal, mais avec une touche de logique, de résistance. J’ai exploré beaucoup le courant de cinéma marginal latino-américain, mais surtout brésilien. C’est un truc que je connais bien, j’ai déjà donné des cours de ça à l’université au Brésil, des cours de cinéma, j’ai fait ma maîtrise là-dedans.

Ah je savais pas! Donc t’as vraiment une aise avec la caméra, ça sert souvent de prétexte un peu pour faire les ateliers?

Je suis à l’aise avec la théorie du cinéma marginal, le cinéma novo brésilien, certains courants du cinéma qui ont inspiré cette vague là en amérique du sud, le réalisme italien, la nouvelle vague française, des choses comme ça. Je suis pas cinéaste, mais ma copine est réalisatrice, elle travaille avec le cinéma, vraiment.

Ah c’est cool, c’est un côté que je savais pas de toi! Dans le fond, le groupe ce sont des jeunes, comment tu décrirais le profil des jeunes, un peu pour s’imaginer avec quel·les participant·es tu travailles?

C’est des jeunes de, je dirais, 18-24 ans, pas plus que ça. Quelques uns sont en train de travailler, d’autres en démarche de projet d’études, mais ce que je réalise c’est que c’est un public vraiment vulnérable. Ils sont là parce qu’ils ont vraiment besoin d’orientation pour reprendre des démarches. Ils sont motivés, mais ils sont pas sécurisés à l’intérieur d’eux. C’est des personnes avec une histoire de fragilité structurelle, économique, affective. Ce sont des impressions qu’on va peu à peu commencer à concevoir et ça vient de façon discrète. C’est un peu le but des questionnements qu’on pose, c’est pour dévoiler ces gens, la personne derrière l’être stigmatisée qui est là. 

Montréal-Nord c’est un espace stigmatisé à l’intérieur de la ville et à l’intérieur de ce centre jeunesse se retrouvent des gens qui portent cette lourdeur là, qui ont l’imaginaire marqué par les frontières, les obstacles, les empêchements, les restrictions, tout basé sur les préjugés structurels de société et le racisme, tout ça, des choses difficiles à explorer, à rentrer, à jaser. Pour moi, c’est un terrain hyper délicat, parce que j’ai pas vécu cette situation de stigmatisation. Ma parole a une valeur vraiment relative là-dedans, donc j’essaye de ne pas obscurcir un espace – occupé un espace qui est dédié à cette sorte d’exploration. Il y a une dimension affective, il y a une dimension économique, tout mêlé, c’est très délicat. Qu’est-ce qu’on peut vraiment apporter, à part le fait qu’à chaque rencontre, on rejoint les mêmes personnes, on se dit, « bon, au moins ils ont le plaisir d’être avec nous. »

Ça peut sécuriser, c’est quelque chose de stable dans leur vie, qui revient à chaque semaine… 

Oui et aussi on réalise Kena et moi qu’une bonne partie – substantielle même – de l’atelier de façon surprenante a servi aux intervenant·es de la place, parce qu’au départ, ils étaient là pour nous seconder, mais on a fini par mobiliser tous les intervenant·es. Ils participent tous les trois à chaque rencontre et on a perçu peu à peu que leur participation est une dimension de ce qu’on propose. On a commencé à penser aussi à la participation des intervenant·es comme un élément à considérer dans la planification de chaque rencontre, parce qu’ils sont là, ils nous renforcent à chaque rencontre.

Moi et Kena on apprend beaucoup, pour moi, chaque atelier c’est aussi une occasion, une opportunité riche d’apprentissage personnel, de revoir mes valeurs, de remettre en question beaucoup de choses. Je sors toujours du terrain à Exeko ébranlé, toujours touché par quelque chose que je remets en question, qui me fait penser : mes privilèges, mes faiblesses, mes insécurités et mes forces, donc c’est wow! ça me penche sur des choses essentielles.

Parlant de cet état là quand tu sors des ateliers, du terrain, est-ce qu’il y aurait un moment que tu a vécu que tu qualifierais de moment fort pour toi?

La dernière rencontre de vendredi passé pour moi c’était fort comme moment. On a fait une activité de – on a recouvert tout le plancher pour créer une grande toile de quatre mètres par quatre mètres. On a laissé tout le matériel de peinture accessible aux gens et on a mis une playlist de musique plus introspective, mais qui changeait aussi nos états. On s’est lancé dans un dessin collectif et automatique, pour après utiliser ça comme source de conversation, de reconnaissance, de réflexion très ouverte. J’adore ce genre d’activité qui permet vraiment l’expression libre. Je pense que ça peut atteindre certains niveaux, aller directement sur la cible. Je fais confiance à simplement libérer l’espace pour laisser ressortir – et on avait pensé cette activité pour la première moitié du temps, donc une heure, et elle nous a tellement emballés qu’on a passé deux heures là-dedans. Moi je participais au dessin collectif en tant que participant aussi; j’étais complètement entouré d’une atmosphère mentale menée par la musique, les dessins automatiques… Ça m’a fait tellement de bien et à tous parce que tout le monde était concentré sur ses traces.

Par exemple, à idAction Mobile, je fais depuis deux mois des sorties régulières avec un artiste de cirque, Pascal Duguay. C’est super agréable, une personne très attentive à tout ce qui se passe et avec qui j’explore présentement des nouveaux terrains que je visitais moins avant, comme les Jardins Gamelins. Par exemple, il y a deux semaines, on a par hasard rencontré un participant qui avait un ballon de soccer et qui était un joueur presque professionnel dans sa jeunesse. On a commencé à jouer aux Jardins Gamelins et ça m’a tellement marqué que cette semaine, je suis allé au Parc Lafontaine juste pour jouer au soccer avec mes enfants. Je me suis rendu compte que, comme brésilien, quand on me pose la question de si j’aime le soccer, je dis toujours que non, mais j’ai découvert avec lui que je jouais pas mal! 

Et Pascal était aussi super… On faisait juste des passes, tu sais, en triangle et ça a été un moment – ça a généré après une longue conversation avec le participant qui a raconté son passé en Algérie, qui a passé sa jeunesse en France, qui est venu au Canada – depuis sept ans qu’il est là. Il a fait l’université, il est prof d’informatique, qui a vécu tellement d'émotions (ou d’illusions) amoureuses, qui je pense étaient aussi une raison de se retrouver comme il était… C’était riche. Donc c’est des petits moments comme ça, des rencontres. 

À idAction Mobile, j’ai moins de soucis de penser d’avance – tu as déjà fait une sortie avec moi – mais je laisse toujours la beauté de la rencontre gagner l’avance et il n’y a pas cette contrainte performative de poser une question… idAction Mobile pour moi c’est un terrain de surprises, de valorisations des rencontres des gens et moi je me mets comme élément discret de cette rencontre. C’est une approche qui n'est pas facile, parce qu’on est habillé de cette mission et les gens l’identifient. On rentre dans leur privacité, dans cet espace privatif là. J’essaye d’être vraiment discret, c’est pour ça que j’aime pas arriver avec des propositions qui font plutôt du sens pour ma mission, il n’y a rien que je DOIS faire. À idAction Mobile, je m’appuie entièrement sur la posture éthique d’Exeko et je laisse la place… 

Puis dans ces rencontres là, est-ce que tu aurais une anecdote d’une personne que t’as rencontrée qui démontre de l’impact pas nécessairement d’un projet, mais des différentes rencontres que ça a eu sur cette personne?

Oui, pendant l’Halte Chaleur Mont-Royal – quand la ville a laissé une tente derrière le métro Mont-Royal, où il y a le trailer de Wapikoni – j’ai passé tout l’hiver à visiter et pendant une semaine on a créé un lien plus étroit avec un participant qui se disait d’origine autochtone lointaine, parce qu’il était pas visiblement autochtone, mais il était affecté par la communauté. Il s’est installé autour de la tente, avec sa petite tente en fait et il s’est entendu avec le personnel de Wapikoni – ils ont installé sa petite tente là-bas. À chaque semaine qu’on passait, il nous montrait des dessins qu’il faisait et on lui donnait du matériel, des feutres à colorier et quand il finissait son cahier de dessin on lui en donnait plus. C’est un homme qui a vécu une bonne partie de sa vie en prison. Il a fait 30 ans de peine et ça fait quelques années qu’il est dehors, donc c’est quelqu’un qui avait aussi besoin de repères personnels, qui est marqué par une violence extrême, d’une méfiance terrible des gens, mais qui était quelqu’un à qui il nous plaisait de parler. Il nous racontait de grandes histoires, il était fier quand même de son passé, de ce qu’il apportait – et un moment donné, sa tente a pris feu.

Oh!

Avant ça, il nous a fait – à moi et à Pascal – visiter sa tente, tout ça, l'extérieur, regarder tout là-dedans, comment il s’organisait, comment il se protégeait du froid… Et quand sa tente a pris feu, on l'a retrouvé comme abattu, pour avoir perdu le peu qu’il avait déjà. Mais il nous a raconté comment le dessin était important pour lui, parce que dans le peu de choses qu’il a pu sauver, ça a été son cahier de dessin. Il disait, je peux vivre sans mes affaires personnelles : ma tente, tout ce que j’ai perdu, c’est pas important. Mais cet espace-là d’expression, la feuille et mes dessins, ces moments-là d’introspection, pour moi c’est fondamental. Ça je peux pas vivre sans… Exeko c’est pas mal un des seuls organismes qui misent sur cette dimension de l’être : l’art vraiment comme une expression de l’intériorité, d’une unicité, d’une personnalité.

Et depuis ça, j’ai cherché du matériel de peinture qui trainait dans notre remise idAction Mobile depuis longtemps pour le lui donner. Mais dès que la tente Halte Chaleur a été démontée, on l’a perdu. Je le cherche dans la ville, je pose des questions à des gens qui potentiellement peuvent le connaître, mais il n’est plus là.

C’était la confirmation du bien-être que ce genre d’approche peut faire aux gens, donner une dignité créative. Ça a été par l’art qu’on a pu tisser une conversation et qu’on a pu apprivoiser sa douleur d’avoir été prisonnier des années et des années de sa vie. C’était par les dessins, par l’entremise de l’expression artistique qu’on a pu tisser vraiment cette relation. S’il n’y avait pas cette plateforme-là, cette interface, ça aurait été une personne qu’on aurait difficilement pu connaître profondément, parce qu'au-delà de son cahier et des airs qui se dégageaient de ses dessins, c'était une personne méfiante et agressive. Mais c’est pas un jugement de ma part, c’est la façon qu’il dessinait. Il disait « non mais je réponds comme ça, ma présence est déjà en défensive. » Il est marqué par son passé, mais les dessins l'adoucissent comme personne.

Des anecdotes plus rigolotes, récemment… Un homme qui travaille de façon bénévole aux Jardins Gamelins en faisant du pain arabe nous a promis d’apporter du pain. On l’a rencontré déjà deux fois, il n’avait pas de pain. [rires] Il m’a montré sur mon cellulaire plein de recettes. Je fais du pain à la maison puis on parlait de farine; il m’a rassuré que la marque de farine blanche que j’achète est la bonne. [rires] C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup.

Mais c’est ça… Les anecdotes du terrain d’idAction Mobile passent pas mal par un côté dramatique. Ce sont des gens qui sont vraiment exposés à ce qui est le plus difficile dans la vie d’un être humain : c’est de ne pas avoir d’abris, être en plein air dans des conditions climatiques extrêmes, donc beaucoup marquées par l’abus de consommation pour pouvoir endurer ces conditions. C’est pas facile de faire ressortir des histoires… C’est toujours plutôt des moments plus légers que d’habitude.

[...]

Puis une métaphore pour décrire ton travail?

La métaphore que j’utilise… J’ai vécu une métaphore cette semaine en allant au métro Bonaventure, qui est vide présentement de passants à cause de la covid, mais qui est imposante comme structure. Tu connais la station Bonaventure?

Oui oui!

Un grand hall, avec des plafonds très hauts, une structure gothique – qui me fait penser à ça un peu parce que ce sont des édifices où circule beaucoup d’argent, donc il y a ce soucis-là de créer un espace assez sophistiqué, mais où se ramassent les gens les plus écartés de la rue. C’est vraiment un mélange de gens qui ont des problèmes de santé mentale, qui sont extrêmement refusés par la société. C’est un groupe vraiment marginal à l’intérieur de l’itinérance : ils sont encore plus stigmatisés, écartés – et là je me voyais à l’intérieur d’une grotte très profonde, à aller chercher des êtres humains qui sont dans le noir, vraiment.

Je pense que c’est un travail humain d’extrême besoin d’aller faire du rescue dans les territoires les plus « limites », dans le sens métaphorique même, parce que les frontières sont des écarts, des différences, de l’exclusion... C’est comme l’endroit où se cachent – ils sont là parce qu’il n’y a pas d’autres places, ils sont en cachette. La métaphore c’est ce travail d’exploration de lieux à la rencontre des gens qui doivent être récupérés par la dignité humaine et par des rencontres, de se parler…

J’aime beaucoup ton image de la grotte! 

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L’entrevue avec Batone est chargée d’humanité, de sensibilité et il nous partage un témoignage riche, très sincère et authentique à sa personne. Je le remercie pour son temps et le travail inspirant qu’il réalise au sein d’Exeko. J’espère que ce partage pourra en inspirer d’autres et aussi mettre en lumière et informer sur le travail de terrain parfois difficile, mais central et important, réalisé par les médiatrices et médiateurs.

La réalisation du projet idAction Mobile est possible en partie grâce aux soutiens financiers de la Ville de Montréal, de l’arrondissement de Ville-Marie via le Fonds local 2e vague COVID-19, du Gouvernement du Québec par l’entremise du Fonds d’initiative et de rayonnement de la métropole administré par le Secrétariat à la région métropolitaine du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et du Secrétariat aux affaires autochtones, de la Caisse d'Économie Solidaire Desjardins, de la Fondation du Grand Montréal via le Fond d'urgence pour l’appui communautaire (FUAC) et de Catherine Donnelly Foundation.
Le projet idAction avec le Comité jeunesse de Montréal-Nord est un projet pour une Ville Inclusive, notre programme soutenu financièrement par Patrimoine canadien et RBC Banque Royal.

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  • « Je ne suis que la courroie de transmission, je ne fais que retranscrire ce que les gens m'ont donné dans la rue. »

    Stéphane Dionne, artiste co-créateur pour métissage urbain

  • « Faire confiance et donner aux jeunes autochtones marginalisés le pouvoir de se faire comprendre et entendre…  »

    Nadia Duguay, directrice du projet

  • « On y apprend, entre autres que même si nous ne sommes qu'une infinitésimale partie de la planète, nous ne sommes pas insignifiants, on peut faire quelque chose, on peut comprendre quel peut y être notre rôle. »

    Participant en milieu carcéral

  • « Les discussions sur les sujets amenés durant les ateliers sont positives et intéressantes, l’animateur réussit à ouvrir des débats, à allumer les esprits sur des sujets importants. »

    Johanne Cooper, directrice générale, La Maison Tangente

  • « Les ateliers idAction m'ont permis de me voir autrement de celle que j'aurais du être. Et je vais le devenir.  »

    Sophie Poucachiche, participante

  • « Tel un arbre, à chaque fois que quelqu'un apprend et transmet quelque chose, y en a un autre en arrière qui va grandir »

    Jimmy, participant

  • « On a besoin de tout le monde; si on a juste des ingénieurs et des architectes, on va manger quoi? Des plans et des schémas?" »

    Tony, participant idAction

  • « Y'en a qui ont la soif du pouvoir, ben moi c'est la soif du savoir »

    Jo, participant idAction

  • « C'est un excellent programme qui permet aux enfants de connaître leurs traditions et d'accroître leurs interactions avec les aînés dans la communauté. »

    Erika Eagle, Assistante en développement social, Grandir Ensemble Waswanipi

  • « Notre objectif : Tisser des liens solides avec les communautés, travailler main dans la main, apporter notre pierre à l'édifice, et transmettre le plus que nous pouvons, en espérant que, dans l'avenir, notre programme n'ait plus sa raison d'être. »

    François-Xavier Michaux, directeur du programme

  • « On a appris à affronter nos peurs. »

    Cynthia, participante Trickster

  • « La formule ; des ateliers quasi « intensifs », pour arriver à un résultat concret en seulement 2 semaines. Une réussite dont les élèves se rappelleront toute leur vie! »

    Marie-Ève Gagnon, professeure d’Art, à propos de Trickster

  • « Collaborer avec l’équipe de Exeko a clairement amélioré la portée de nos projets. Par leur vision de la mixité et de la médiation culturelle, Exeko s’est démarqué dans leur façon de faire valoir l’intégration des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. »

    Nadia Bastien, directrice générale AMDI

  • « Ça fait longtemps que j’ai pas été dans un évènement qui m’ai apporté autant de bonheur. »

    Un visiteur, D'un oeil différent 2013

  • « Quelle belle exposition ! Ça nous a fait rêver un peu ! J’ai appris que y’a beaucoup de personnes qui peuvent faire des œuvres magnifiques, différentes, ça nous a fait rêver »

    Un visiteur, D'un oeil différent 2013

  • « Comment te sens tu quand tu vois ta toile accrochée à un mur? Bien en dedans, c'est le fun »

    Dan, exposant à D'un oeil différent 2013

  • « Pourquoi t'aime ça peindre? J'aime ça Parce que personne peut m'enlever ça dans la tête. »

    Diane, exposante à D'un oeil différent 2013

  • « Son but? Développer le raisonnement, la pensée critique, la logique, et augmenter la participation citoyenne de ces groupes marginalisés. »

    Caroline Monpetit, Le Devoir

  • « Les gens ne pensent pas à me donner des livres alors que j'aime tellement lire! »

    Elie, participante

  • « Je m'aperçois qu'il y a beaucoup de personnes qui travaillent à faire changer les choses et les attitudes, cela me donne un peu plus confiance dans l'avenir. »

    Participant en milieu carcéral

  • « Cet espace de savoir, nourrissant l’esprit et la créativité, ainsi que l’ouverture qu’offre idAction sont tout à votre honneur. »

    Louise Chabot, Présidente CSQ

  • « J'ai appris que 80% des richesses de la planète sont détenues et gaspillées par 20% de celles-ci, [...] qu'un rire est universel et qu'il met un baume sur les souffrances de quiconque, [...] qu'il y a des gens qui souffrent et que je peux à ma manière les aider. »

    Participant en milieu carcéral

  • « La caravane d’Exeko, qui distribue des livres, des cahiers et des crayons aux itinérants de Montréal, et plus particulièrement aux itinérants autochtones, sillonne les rues de Montréal, pour faire jaillir la participation culturelle de ces exclus de la société. Avec des résultats franchement étonnants. »

    Caroline Monpetit, Journaliste, Le Devoir

  • « Vous donnez le goût aux gens d'avoir des idées... »

    Participant, idAction Mobile

  • «  Pourquoi ne restez-vous pas ici pour toujours ? »

    Nathaniel, participant, Trickster

  • « Depuis que vous êtes là, les jeunes rient, et il y en a même qu’on n'avais jamais vu sourire qui sourient maintenant. »

    Directrice d'une école partenaire

  • « Es-tu un artiste? -Oui - Pourquoi? - Parce que j'aime »

    Gilles Grégoire, artiste, en réponse à notre médiatrice

  • « On a notre style, notre marque de commerce. On fait les choses différemment des autres. »

    Guillaume Lapierre, artiste exposant à D'un oeil différent 2013

  • « J’ai dessiné en t’écoutant, comme écouté de la musique. J’ai adoré. Je suis passée par beaucoup de stades, comme ton histoire. »

    Soufia Bensaïd à Edon Descollines, duo d'artistes Tandem Créatif 2013

  • « Exeko met en place des solutions créatives à différentes problématiques, donne une voix aux sans voix et de l'espoir aux plus démunis. »

    Bulletin des YMCA

  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil! »

    Hélène-Elise Blais, les Muses

  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil ! »

    Hélène-Elise Blais, les Muses

  • « L'art a l'avantage de permettre [de] parler [de déficience intellectuelle] en termes de capacité plutôt que de limitation. »

    Delphine Ragon, Directrice des programmes communautaires aux Compagnons de Montréal

  • « On voit [...]depuis quelques années plus de productions de grande qualité avec des personnes ayant une déficience intellectuelle qui sont des artistes à part entière. »

    Julie Laloire, Agente de sensibilisation à l'AMDI

  • « C'était un moment inoubliable : je suis tellement reconnaissant... »

    Larry, participant

  • « Merci de parler avec moi! Aujourd'hui je me sentais complètement seule, personne ne me parlait. »

    Eva, participante

  • « Nous sommes vraiment heureux de conjuguer nos actions à celles d'Exeko; nous avons ainsi l'assurance que la jeunesse autochtone en bénéficiera de façon significative.»
    Marie-Josée Coutu, Présidente de la Fondation Marcelle et Jean Coutu
  • « J'ai toujours été imprégnée du désir de justice sociale et je croyais ne pas avoir de préjugés...mais je dois dire que mon expérience chez Exeko a transformé ma vision des personnes en marge.»
    Muriel Kearney, bénévole depuis septembre 2015
  • « Je ne suis que la courroie de transmission, je ne fais que retranscrire ce que les gens m'ont donné dans la rue.»
    Stéphane Dionne, artiste co-créateur pour métissage urbain
  • « I don't know everything, but while reading it, it always bring me one step closer»
    A participant, idAction Mobile
  • « Pourquoi t'aime ça peindre? J'aime ça Parce que personne peut m'enlever ça dans la tête.»
    Diane, exposante à D'un oeil différent 2013
  • « Comment te sens tu quand tu vois ta toile accrochée à un mur? Bien en dedans, c'est le fun»
    Dan, exposant à D'un oeil différent 2013
  • « Quelle belle exposition ! Ça nous a fait rêver un peu ! J’ai appris que y’a beaucoup de personnes qui peuvent faire des œuvres magnifiques, différentes, ça nous a fait rêver»
    Un visiteur, D'un oeil différent 2013
  • « Ça fait longtemps que j’ai pas été dans un évènement qui m’ai apporté autant de bonheur.»
    Un visiteur, D'un oeil différent 2013
  • « Collaborer avec l’équipe de Exeko a clairement amélioré la portée de nos projets. Par leur vision de la mixité et de la médiation culturelle, Exeko s’est démarqué dans leur façon de faire valoir l’intégration des personnes vivant avec une déficience intellectuelle.»
    Nadia Bastien, directrice générale AMDI
  • « La formule ; des ateliers quasi « intensifs », pour arriver à un résultat concret en seulement 2 semaines. Une réussite dont les élèves se rappelleront toute leur vie!»
    Marie-Ève Gagnon, professeure d’Art, à propos de Trickster
  • « On a appris à affronter nos peurs.»
    Cynthia, participante Trickster
  • « Notre objectif : Tisser des liens solides avec les communautés, travailler main dans la main, apporter notre pierre à l'édifice, et transmettre le plus que nous pouvons, en espérant que, dans l'avenir, notre programme n'ait plus sa raison d'être.»
    François-Xavier Michaux, directeur du programme
  • « C'est un excellent programme qui permet aux enfants de connaître leurs traditions et d'accroître leurs interactions avec les aînés dans la communauté.»
    Erika Eagle, Assistante en développement social, Grandir Ensemble Waswanipi
  • « Y'en a qui ont la soif du pouvoir, ben moi c'est la soif du savoir»
    Jo, participant idAction
  • « On a besoin de tout le monde; si on a juste des ingénieurs et des architectes, on va manger quoi? Des plans et des schémas?"»
    Tony, participant idAction
  • « Tel un arbre, à chaque fois que quelqu'un apprend et transmet quelque chose, y en a un autre en arrière qui va grandir»
    Jimmy, participant
  • « Les ateliers idAction m'ont permis de me voir autrement de celle que j'aurais du être. Et je vais le devenir. »
    Sophie Poucachiche, participante
  • « Les discussions sur les sujets amenés durant les ateliers sont positives et intéressantes, l’animateur réussit à ouvrir des débats, à allumer les esprits sur des sujets importants.»
    Johanne Cooper, directrice générale, La Maison Tangente
  • « On y apprend, entre autres que même si nous ne sommes qu'une infinitésimale partie de la planète, nous ne sommes pas insignifiants, on peut faire quelque chose, on peut comprendre quel peut y être notre rôle.»
    Participant en milieu carcéral
  • « Faire confiance et donner aux jeunes autochtones marginalisés le pouvoir de se faire comprendre et entendre… »
    Nadia Duguay, directrice du projet
  • « Son but? Développer le raisonnement, la pensée critique, la logique, et augmenter la participation citoyenne de ces groupes marginalisés.»
    Caroline Monpetit, Le Devoir
  • « Les gens ne pensent pas à me donner des livres alors que j'aime tellement lire!»
    Elie, participante
  • « Merci de parler avec moi! Aujourd'hui je me sentais complètement seule, personne ne me parlait.»
    Eva, participante
  • « C'était un moment inoubliable : je suis tellement reconnaissant...»
    Larry, participant
  • « On voit [...]depuis quelques années plus de productions de grande qualité avec des personnes ayant une déficience intellectuelle qui sont des artistes à part entière.»
    Julie Laloire, Agente de sensibilisation à l'AMDI
  • « L'art a l'avantage de permettre [de] parler [de déficience intellectuelle] en termes de capacité plutôt que de limitation.»
    Delphine Ragon, Directrice des programmes communautaires aux Compagnons de Montréal
  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil !»
    Hélène-Elise Blais, les Muses
  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil!»
    Hélène-Elise Blais, les Muses
  • « Exeko met en place des solutions créatives à différentes problématiques, donne une voix aux sans voix et de l'espoir aux plus démunis.»
    Bulletin des YMCA
  • « J’ai dessiné en t’écoutant, comme écouté de la musique. J’ai adoré. Je suis passée par beaucoup de stades, comme ton histoire.»
    Soufia Bensaïd à Edon Descollines, duo d'artistes Tandem Créatif 2013
  • « On a notre style, notre marque de commerce. On fait les choses différemment des autres.»
    Guillaume Lapierre, artiste exposant à D'un oeil différent 2013
  • « Es-tu un artiste? -Oui - Pourquoi? - Parce que j'aime»
    Gilles Grégoire, artiste, en réponse à notre médiatrice
  • « Depuis que vous êtes là, les jeunes rient, et il y en a même qu’on n'avais jamais vu sourire qui sourient maintenant.»
    Directrice d'une école partenaire
  • « Pourquoi ne restez-vous pas ici pour toujours ?»
    Nathaniel, participant, Trickster
  • « Vous donnez le goût aux gens d'avoir des idées...»
    Participant, idAction Mobile
  • « La caravane d’Exeko, qui distribue des livres, des cahiers et des crayons aux itinérants de Montréal, et plus particulièrement aux itinérants autochtones, sillonne les rues de Montréal, pour faire jaillir la participation culturelle de ces exclus de la société. Avec des résultats franchement étonnants.»
    Caroline Monpetit, Journaliste, Le Devoir
  • « J'ai appris que 80% des richesses de la planète sont détenues et gaspillées par 20% de celles-ci, [...] qu'un rire est universel et qu'il met un baume sur les souffrances de quiconque, [...] qu'il y a des gens qui souffrent et que je peux à ma manière les aider.»
    Participant en milieu carcéral
  • « Cet espace de savoir, nourrissant l’esprit et la créativité, ainsi que l’ouverture qu’offre idAction sont tout à votre honneur.»
    Louise Chabot, Présidente CSQ
  • « Je m'aperçois qu'il y a beaucoup de personnes qui travaillent à faire changer les choses et les attitudes, cela me donne un peu plus confiance dans l'avenir.»
    Participant en milieu carcéral