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L'actualité d'Exeko, de ses programmes et projets, de ses nouvelles collaborations et coups de coeurs, vue par quelques membres de son équipe. 

- 3 articles par semaine -

La famille au sens large...

Mercredi 23 juillet, un équipage tout particulier embarquait à bord de idAction Mobile : aux côtés de Fred, le plus ancien des médiateurs en poste, et de Dorothée, chargée du projet, se joignaient Allison Reid (Réseau pour la Stratégie Urbaine des Autochtones à Montréal), Anick Sioui (Foyer pour Femmes Autochtones de Montréal), et Annie Gauthier (Arrondissement de Ville Marie), 3 partenaires précieuses avec lesquelles nous travaillons depuis plus d'un an et demi de façon constante, sur divers comités. Ainsi réunis en équipe pourvue d'une solide connaissance du terrain, tant du point de vue des réalités sociales que des potentiels artistiques, de la configuration urbaine et des partenaires environnants, nous démarrions une fois de plus notre tournée dans la bonne humeur.

Un premier arrêt s'effectue au carré St Louis. Tandis que Fred s'élance à la rencontre de quelques jeunes rencontrés la veille dans le cadre des journées Oasis, nos 3 invités restent encore un peu intimidées! Bloquée dans le fond de la van, je les encourage à descendre! "Je ne sais pas trop comment m'y prendre", risque l'une d'elles. "Awaye les chicks, vous venez?" résonne la voix d'un des participants, depuis l'arrière de la van, où il s'affaire à choisir de nouveaux livres! C'est le go : nous descendons toutes les 4 saluer les jeunes hommes, qui s'enthousiasment devant le choix de livres! L'un d'eux me joue un petit air de l'harmonica que Fred l'a aidé à réparer la veille, avant de repartir à ses occupations. "C'est une vraiment bonne idée de pouvoir écrire dans les livres, de partager ce qu'on pense avec le suivant!!" "On vous adore, c'est tellement cool ce que vous faites!!" Une première escale où nous recevons des éloges si encourageantes...

Nous prenons ensuite la route en direction d'Atwater. Depuis la fermeture du square Cabot fin juin, les rencontres y sont plus difficiles, plus rares. La mobilité des participants que nous avions l'habitude d'y rencontrer nous est encore inconnue. Cependant, entourée de tant de partenaires connaissant le lieux et ses enjeux, nous nous risquons. 3 petits arrêts à Open Door, Batshaw et au Foyer pour femmes nous permettent d'amorcer le recrutement de jeunes pour la prochaine édition de Trickster à Montréal. Nous stationnons ensuite la van (je cite Fred: "de façon feng shui") dans les environs du square, proche d'une gang de participants que nous connaissons. Et là... instant retrouvailles. Je m'extirpe de la van au plus vite, sans trop en croire mes yeux! T. est de retour! C'est comme dans les films, au ralenti, ç'en est presque drôle et il manque juste la musique, ces quelques mètres de courses mutuelle vers une accolade teintée par le plaisir des retrouvailles.

Retrouvailles chargées en émotions (C) Exeko

Ca peut dérouter, mais il semble qu'un lien particulier nous réunisse à chaque fois. Un lien né il y a des années maintenant, autour de carnets à dessins, confiés puis retrouvés. T. est entourée ce jour-là de toute sa famille, dont elle est si fière...

La famille tout en sourire (C) Ddecollasson @ Exeko

Ce sont aussi des retrouvailles avec plusieurs autres. Le rire et la bonne humeur règnent. On sort les craies, les trottoirs deviennent lieu d'expression, et de création, de réflexion autour d'énigmes, de portraits. L'album photo demeure un outil de communication incroyablement efficace : c'est ainsi que je parviens à avoir de bonnes nouvelles d'une dizaine de participants, dont j'étais sans nouvelles depuis plusieurs mois. Les liens de famille se dévoilent : "Lui, il m'a quasiment élevée! ", "Elle, c'est ma soeur, et la petite, ma nièce!" "S. c'était ma cousine, son frère et ses amis c'est mon crew!!". On ressent beaucoup de fierté, chaque photo est reçue comme un cadeau dont la valeur semble inestimable. Fait impressionant, on semble presque faire partie de cette belle famille, le temps de ces échanges : "Elle, c'est ma meilleure amie.. je l'aime profondément... et son projet m'a tellement aidée, ils ne s'en rendent pas compte". "Et Youssef, comment va t-il?" s'enquiert une des participantes, au sujet d'un des médiateurs qui vient de quitter le projet. "Passe lui le bonjour de ma part, s'il te plaît, il me manque!"

Bonne humeur au rendez vous (c) Ddecollasson @ Exeko

P. de son côté, entame une grande discussion politique avec Allison. "J'aurais aimé rester plus, c'était vraiment intéressant, la prochaine fois que je le verrai j'irai en reparler", dit elle, une fois les portes de la van refermées.

P. entouré de nos trois partenaires, bénévoles d'un jour

 

Nous quittons les lieux à regret mais satisfaits, énergisés. À quelques coins de rue, un participant, lecteur connu de notre médiateur. "Ouvre ta fenêtre, lance un fort et determiné "YO DUDE!" tends lui ce calepin de note et ce stylo!" recommande Fred à Anik, assise à côté de lui. Ni une ni deux, elle s'essaye, ça fonctionne si bien que tout le monde explose de rire devant ce "yo dude" si affirmé! Au Centre d'Amitié Autochtone, la soirée culturelle bat son plein. Nous restons quelques instants, le temps de saluer quelques visages connus, et de récupérer de la bannique toute moelleuse et toute chaude, à distribuer sur la suite du parcours. Le premier à en recevoir n'est pas bien loin, et Anik réitère : "Yo Dude! Tu veux d'la bannique?" ! L'assurance se fait sentir!

Dernier arrêt au PAQ, tous les participants sortent du refuge pour venir saluer l'équipe, s'enquérir des nouveautés du projet, donner des nouvelles des uns et des autres, chercher une paire de lunettes, un calepin ou un livre. Nous remettons également un appareil photo jetable pour J, avec cette fois une mission reliée : photographier l'Art. Grand défi, dont nous avons hâte de voir les résultats!

http://exeko.org/idaction-mobile

 

La publicité, c'est...

Article rédigé en collaboration par les membres de l'équipe présents lors de l'atelier.

Hier soir à la maison du père se donnait un atelier autour de la publicité. L'équipe, constituée de William, médiateur, Elizabeth, bénévole chevronnée, Vinciane, agente de projet chez Exeko, et Dorothée, chargée de projet idAction Mobile, s'était fixé comme objectif de base la co construction d'une grille d'analyse des publicités, sa mise en pratique et son transfert comme outil d'auto-défense intellectuelle. Dans une société où la publicité est omniprésente, comment nous prémunir contre cet instrument de manipulation ? Un sujet prometteur...

Comme chaque jeudi, l'équipe débute par un petit temps de mise en place de l'atelier. William ayant imprimé un bon nombre de publicités diverses (des plus anciennes, des actuelles, des affiches de propagandes, des publicités commerciales ou à vocation sociale...), nous nous affairons à placer la salle, sous la houlette d'Elizabeth, qui navigue comme un poisson dans l'eau à la Maison du Père. L'un frotte les tableaux, l'autre place les posters, un troisième organise le cercle... En quelques minutes nous pouvons nous diriger vers la grande salle, ou débute la phase de recrutement des participants! De table en table, nous distribuons des petites fichettes comportant le sujet du jour. Des férus des ateliers idAction embarquent avant même d'avoir vu le sujet! "Comptez sur moi, comme d'habitude!" D'autres découvrent encore le projet, se laissent tenter. Le bouche à oreille se poursuit autour du souper, de table en table, on continue à jaser sur ce vers quoi pourrait aller l'atelier, quelles pistes de réflexion apporter. Des discussions très riches voient déjà le jour. Là encore, l'aisance d'Elizabeth est impressionnante! Un modèle pour Dorothée et Vinciane, moins habituées des lieux, un peu intimidées par tous ces regards inquisiteurs.

Vers 19h15, une vingtaine de participants sont présents au démarrage de l'atelier. Certains resteront jusqu'au bout, d'autres viennent observer, curieux, participer de loin ou entendre ce qui se dit dans le débat. Les participants sont invités à se promener, café en main, dans la salle, à observer les différentes publicités, à choisir celle qui les interpelle le plus, à réfléchir à des connexions.

La discussion est lancée ensuite par A., dont deux publicités accrochées proches l'une de l'autre retiennent vivement l'attention : la publicité de la Maison du Père et celle d'Apple. Entre le «Pourriez-vous vous occuper de lui?» et le «Think different», ce sont deux question qui émergent : quel est le message de ces publicités? Quel est leur objectif? Les interprétations du message de ces deux publicités se succèdent et se relancent mutuellement : victimisation, double sens, s'occuper sans aider, et ainsi de suite, entrée en la matière qui touche l'immédiateté d'une expérience de l'itinérance. 

Concernant l'objectif, les interventions se veulent plus généralistes : comme toute publicité, celle-ci cherche à faire de l'argent. D'ailleurs, n'est-ce pas le propre de toute publicité dans les sociétés de la consommation et depuis l'industrialisation suggère D. M. n'est pas d'accord; pour lui, la publicité est un phénomène qui va bien au-delà de notre époque. Il s'agit d'une manière de promouvoir la société et l'ordre qui y règne, peu importe l'époque. La publicité devient alors un art universel de produire un comportement chez les membres d'un groupe. G. avait déjà souligné cette «création d'un besoin» propre à la publicité, cette capacité à nous faire ressentir un manque jusqu'alors inexistant. 


B. amène une autre dimension dans la discussion : la source de la publicité. N'est-ce pas des corporations qui financent et mettent sur pied les publicités? Plusieurs acquiescent et participent à préciser comment certaines organisations à portée caritative ou humanitaire finissent par, tranquillement mais sûrement, se corrompre et perdre leur mission dans cette recherche continue du financement. 

G. soulève ensuite la place des stratégies servant à attirer l'attention, à la retenir et à frapper l'esprit au sein des publicités. D. suggèrent le terme de technique pour désigner ces moyens mis à la disposition des objectifs à atteindre, terme que tous acceptent sans problème. Ces techniques, dans le cas visuel que nous analysons dans cet atelier, ce sont le jeu des couleurs, celui des tailles et des formes, des amplifications et magnifications que mettent en place les publicitaires. Dorothée rajoute à cette liste l'importance du sens de lecture d'une publicité. Où débute l'oeil, ou termine t il? quelle est la synthèse de ce parcours opérée par notre insconcient en quelques secondes?
 

 

S. propose ensuite que la publicité possède également une cible, c'est-à-dire une idée, un concept ou un produit qui est l'objet de la publicité comme telle. B. ajoute que la publicité fonctionne souvent par un jeu d'images entre l'objet et quelque chose d'autre, comme une personnalité connue, à laquelle on associe la cible pour mieux la vendre. On finit par distinguer de cette cible le public-cible, ceux qui sont visés par la pub comme tel. 

William suggère aux participants de procéder à l'analyse de deux publicités choisies collectivement, selon les 5 critères principaux pointés: message, objectif, objet, cible, et techniques. L'exercice suscite un bel engouement, et les analyses vont bon train. 

McDo : La publicité a beaucoup retenu les attentions, par sa simplicité et par son efficacité. Message : Manger plus, en avoir plus pour son argent. Objectif : Vendre plus. Passer un message subconscient. Objet: Le hamburger comme tel. Public-Cible : Les adolescents, les Québecois, mais surtout les gros mangeurs de hamburgers. Techniques : Du rouge et du jaune pour attirer le regard. Déformation du Hamburger pour donner l'impression qu'il est énorme, la concision du message pour une mémorisation rapide.



Armée américaine : Message : «I'm rich, you're poor. I want you to fight for me.» (Louis) «Fais partie de la plus grande armée» (Stéphane). Objectif : Agrandir l'armée, être la plus grande armée. Objet : Guerre. La guerre légitime. Public-cible : les jeunes hommes pauvres et non-éduqués. Techniques : Emphase sur le «You». Couleur des USA., intimidation par le personnage, adresse directe, lecture verticale. 

On arrive au mot de la fin. Les participants sont invités, via un tour de groupe, a compléter la phrase suivante :

 

La publicité c'est...

... une poupée russe (il y a toujours un message caché dans le message...)

... pour s'afficher

... un jeu, un art de manipuler

... l'art de la communication

... puissant

... faire de l'argent et une bonne job

... une manière de vendre un produit

... vendre un produit, un service ou une idée; 

... une manière de faire connaître son produit

... un message et une interprétation propre à chacun 

...le contrôle indirect

... une illusion efficace.

 

L'atelier terminé, quelques discussions continuent, pendant que nous replaçons les lieux. L'équipe s'estime satisfaite de l'atelier, et nous soulignons ensemble la bonne répartition de nos forces dans le groupe. Tandis que William animait et tempérait le débat, Elizabeth, positionnée proche de l'entrée du cercle, accueillait et assurait l'inclusion des nouveaux arrivants, Vinciane prenait le débat en note, et Dorothée faisait de la traduction en simultanée auprès de L., un nouveau participant anglophone. Comme d'habitude, malgré l'engouement pour le débat et la rencontre des passions, le climat de l'atelier fut généralement très respectueux. Les bons coups des uns sont soulignés par les autres, on s'écoute et on se renvoie la balle argumentative, dans une discussion animée par le désir de comprendre ces affiches publicitaires qui ornent les murs et pavent sans cesse nos vies. 

http://exeko.org/idaction

Youssef Shoufan, médiateur de la première heure!

Après deux ans de travail dans les rues de Montréal à bord de la caravane philosophique «idAction Mobile» d’Exeko, j’ai décidé de quitter, un peu malgré moi, ce bien unique emploi. Que peut avoir appris un Québécois d’origine syrienne en sillonnant la métropole québécoise avec des outils culturels et intellectuels à bord d’une camionnette?

Avec comme objectif de rendre ces outils plus accessibles aux personnes sans domicile fixe, principalement aux Autochtones, c’est principalement moi qui aura appris beaucoup de choses.

© Gaetan Nerincx 

La première chose que j’ai apprise, c’est que je ne connaissais presque rien à ces cultures. J’ai bel et bien complété toutes mes études au Québec, du primaire jusqu’à l’université (en journalisme!), et pourtant, à 24 ans à ce moment là, je ne savais presque rien sur les Autochtones. Je n’en connaissais pas personnellement non plus. Ça aura heureusement changé pendant ces deux années.

La deuxième chose que j’ai réalisée, c’est tout ce que les gens dans la rue ont à offrir. Du dessin à la sculpture, de la langue à la photographie, de la musique à l’écriture, de la lecture à la poésie, des idées aux actions: le potentiel des personnes sans domicile fixe m’a impressionné tout au long de mon parcours à bord d’idAction Mobile.

La troisième chose qui m’a étonné, ce sont certaines dynamiques dans cet univers de la rue qui est parfois parallèle à celui de bien des gens. Il suffit pourtant de s’installer au coin d’une rue, avec une craie ou un instrument de musique à la main, pour recréer un tout nouvel univers, et surtout créer des ponts avec les passants.

La quatrième chose que j’ai comprise, c’est comment la rue pouvait aussi être difficile. Émotionnellement, psychologiquement, physiquement. Et je n’y restais que quelques heures par semaine. Difficile encore pour moi d’imaginer y vivre 24 heures sur 24.

Quand Nadia Duguay, la co-directrice et co-fondatrice d’Exeko, m’a proposé ce poste avant que le projet ne prenne route, en 2012, j’ai tout de suite accepté. Je ne connaissais presque rien à cet univers, mais les critères les plus importants pour avoir ce job n’étaient pas les connaissances, mais plutôt l’ouverture d’esprit et le respect de l’autre, de celui qui est parfois différent de nous.

© Dorothée de Collasson

En deux ans, après avoir vécu des moments exceptionnels et d’autres plus difficiles, j’ai décidé de quitter pour des raisons personnelles et professionnelles, n’ayant plus la capacité de donner le meilleur de moi-même, mais heureux et fier de savoir que c’est une équipe formidable qui continue ce travail exceptionnel.

Beaucoup de gens qui vivent dans la rue parlent de celle-ci comme étant une école. Elle l’aura été pour moi aussi pendant ces deux ans et continuera à l’être malgré mon départ.

© Edenne Fournier

Merci Gilbert, Johnny, Yaani, Charlie, Lucasi, Makosi, Simuini, Tommy, Joel, Paul, Maranda, Philippe, Suzy, Mary, Ceejay, Diddy, Joey, Alan, Arelene, Brett, Sébastien, Shane et tous les autres que j’ai cotoyés pendant mon séjour à bord. Merci aussi à tous les bénévoles et toute l’équipe d’Exeko, derrière et devant les rideaux, qui ont fait et continuent à faire un excellent et important travail.

Merci et à bientôt, parce qu’on se reverra dans la rue, notre rue, et je vous regarderai avec d’autres yeux que ceux que j’avais avant de débuter ce travail.

© Alexandra Pronovost 

 


MERCI YOUSSEF!

Oh, tiens, on a retrouvé le premier petit article de l'aventure idAction Mobile!

Youssef, c'est toute une perle de citoyen engagé. Venez découvrir ses nombreux projets, comme Syrian Eyes of the World, qui tient au coeur de tous ses collègues et amis. 

© Syrian Eyes of the World


On the road again...

Trickster@Kahnawake: 3 minutes de toute cette magie

Jeudi après-midi, deuxième semaine à Kahnawake, silence complet dans la White House, lieu où sont donnés les ateliers Trickster. Jani a la musique en main, les yeux fixés vers l’endroit défini pour la scène et Alessia est parmi les enfants, fascinée par ce qui se déploie devant elle. Les deux médiatrices n’osent pas formuler un mot, un conseil, une directive…

 

Woodkid retentit dans l’espace, le temps s’est arrêté, tout semble au ralenti. À l’avant, deux frères se regardent et jouent au miroir en suivant la trame sonore imposée. Un suit l’autre avec une concentration surprenante, Entre eux, qu’ils se chamaillent ou s’entendent, un grand amour inconditionnel émane. Une danse guidée par le grand frère s’exécute de manière fluide. Toute une poésie du geste prend vie. Tous les adultes sur place sont sidérés, renversés de les voir collaborer dans une telle symbiose. L’exercice devant durer quelques secondes par équipe s’éternise. Jani, derrière la musique, ne se rend pas compte que les garçons sont en train de chorégraphier un trois minutes de chanson. Alessia semble vouloir rentrer dans le plancher tellement l’émotion la traverse.

 

(c) Exeko

L’audience n’existe plus, nous sommes voyeurs de cette grande complicité. Les enfants sont bouches bées et ne montrent aucun signe d’impatience ou désir de vouloir avoir leur tour… Ce qui est rare quand on travaille avec des 6 à 13 ans. Tout le monde s’entend pour dire que le moment est magique. Le cadet ne semble voir que son Aîné, faisant preuve de maîtrise, mais surtout de confiance. Assez rapidement, il est difficile de savoir qui est le meneur de ce jeu, puisqu’ils s’exécutent en même temps, comme si le plus jeune pouvait comprendre ce que l’autre voulait faire avant même qu’il ne lui propose.

 

Voyant la fin de la chanson arriver, Alessia murmure aux garçons de trouver une finale… Spontanément, le grand frère ouvre les bras et au lieu de l’imiter comme le jeu le veut, le plus jeune accepte le câlin. La musique s’arrête alors que les deux s’entrelacent.

 

 

Jeudi après-midi, deuxième semaine à Kahnawake, le silence règne dans la salle… Il s’agit d’un 3 minutes de la magie que font naître les enfants du projet Trickster. Encore 4 semaines à rencontrer le merveilleux imaginaire des jeunes du Drama Camp. Le temps permet d’explorer, de se laisser aller et laisser emporter par le temps qui passe. Doucement, l’équipe sur place, les enfants et le duo Trickster se dirigent vers la conception d’un spectacle basé sur la légende du Thunder Boy. Doucement et magiquement... 

La suite bientôt!

Pour plus d'infos sur Trickster, visitez la page du programme.