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L'actualité d'Exeko, de ses programmes et projets, de ses nouvelles collaborations et coups de coeurs, vue par quelques membres de son équipe. 

- 3 articles par semaine -

Le Forum Jeunesse de l'Île de Montréal renouvelle son soutien à idAction Mobile !

Exeko était jeudi dernier doublement à l'honneur dans le cadre de l’Événement régional jeunesse 2014 organisé par le Forum Jeunesse de l'Île de Montréal.

Chaque année, près de 200 représentants d'organismes jeunesse et des jeunes montréalais se rencontrent, échangent et mettent en lumière des initiatives nouvelles et des pratiques émergentes dans une foule de secteurs d’activités (environnement, économie, social, pratiques innovantes).

Accueil des participantes et participants. Plus de 225 inscrits ! (c) FJÎM

 

Tout d’abord idAction Mobile, notre caravane philosophique et intellectuelle pour les Autochtones en situation d'itinérance à Montréal a reçu, pour une seconde fois, la confiance et le soutien financier du Forum Jeunesse de l'Île de Montréal et de la Conférence Régionale des Élus (CRÉ) dans le cadre du Fond Régionale d'Investissement Jeunesse (FRIJ) ! Il y a deux ans déjà, le partenariat avec le FRIJ avait permis à idAction Mobile de voir le jour. Ce projet de proximité vise à stimuler, par le bais de la médiation, la curiosité intellectuelle de même que l’expression citoyenne et culturelle des personnes en situation d’itinérance et particulièrement des jeunes Autochtones. 4 fois par semaine, une équipe de médiateurs sillonnent les rues de Montréal à bord d’une caravane et ont rejoint à ce jour près de 700 jeunes Autochtones, leur permettant ainsi de développer et d’exercer leur citoyenneté au-delà de tous préjugés.

Dans la station de métro Atwater, Alice fait un dessin qu'elle donnera à Marie-Noëlle, bénévole (c) Gaetan Nerincx

 

La soirée a été marquée également par l’élection d’Émilie Chabot, Directrice du développement et des projets spéciaux chez Exeko, en tant que représentante jeunesse du milieu sociocommunautaire, pour une durée de 2 ans. Elle aura ainsi l'opportunité de travailler en concertation avec 25 autres représentants d’organismes jeunesse montréalais afin de donner une place et une voix aux jeunes de la région à travers les avis, les projets, les représentations et les investissements initiés par le forum.

Toutes nos félicitations à Émilie ainsi qu’à l’ensemble du conseil des jeunes !

Le conseil des jeunes représentants élus 2014-2015 (c) FJÎM

 

Le Forum jeunesse est un organisme de la Conférence Régionale des Élus (CRÉ) de Montréal qui a pour mission de représenter les organisations jeunesse de la région. Son Conseil des jeunes représentants élus est composé de 27 jeunes qui proviennent des milieux étudiant, socioéconomique, sociocommunautaire, des arts et de la culture, de l’environnement ainsi que des sports et loisirs. Il coordonne des projets, défend les intérêts et porte la voix des jeunes âgés de 12 à 30 ans. Le FJÎM inscrit son action politique dans un cadre non partisan. Le Forum jeunesse est soutenu financièrement par le Secrétariat à la jeunesse dans le cadre de la Stratégie d’action jeunesse 2009-2014.
 

Merci au FJÎM pour sa confiance et son soutien !

exeko.org/idaction-mobile et retrouvez nous sur notre flickr !

fjim.org

Bibliothèques inclusives, tour de piste!

Par Claire Lattier, agente interprojet

Après quelques mois d’activité, le comité des bibliothèques inclusives, composé de deux membres du bureau et de deux bénévoles de choc, Elisa et Sarah, partaient le mois dernier faire le tour des bibliothèques déjà installées au sein de 7 refuges et centres de jour à Montréal. Objectifs : faire un bilan de ¨santé¨ du projet, rencontrer personnellement chaque partenaire de terrain ; établir un nouveau processus d’approvisionnement et bonnifier l’action en place.

Belle journée ensoleillée d’hiver, nous nous engageons vers la 1ère bibliothèque du quartier : Plein Milieu. Celle-ci n’a pas trop changée, l’échange fonctionne bien et le monde consulte régulièrement les livres sur place. Valéria, notre contact sur place, nous indique qu'un peu de philosophie serait bienvenue! Nous repartons avec quelques idées d’améliorations et pleines d’entrain vers l’Accueil Bonneau. Entre quelques dédales de couloirs, nous croisons le chemin des participants du local d’art... Qu’il fait bon jaser d’art et de livres ici, dans ce lieu habité par la musique et les couleurs de chacun! Un endroit si plein d’une belle énergie, qu’il nous vient tout de suite l’idée d’y installer une bibliothèque artistique, lorsqu’un fond suffisant sur les arts sera récolté. Une salle de détente devrait voir le jour à l’automne prochain,  qui laisse présager un futur emplacement très adéquat pour une bibliothèque!

Une belle bibliothèque nous est présentée dans la résidence pour hommes de Bonneau. Frédéric, sur place, en prend bien soin et nous dit de ne rien lâcher, voir de penser à développer de nouvelles bibliothèques pour les autres résidences. Ici c'est de poésie, dont on manque un peu.

La bibliothèque de la résidence de Bonneau (C) Exeko

Plein d’allant, on file à la Maison du Père : la haut, c’est non pas une, mais deux bibliothèques que nous trouvons ! Le projet a tellement plu, qu’une seconde a fleurie dans l’établissement d’accueil. L’autogestion de ces messieurs intéressés par la bibliothèque a permis de développer, d’arranger et d’enrichir le fond Exekien avec de nouveaux livres. Un club de lecture a vu le jour parmi les résidents et 2 ‘assistants’ se sont lancés dans l’étiquetage des livres, les demandes de nouveaux livres, de dictionnaires pleuvent. Ici,on ne nous a pas attendu pour avancer, et on aime ça !

 

 

Rencontre à la Maison du Père (C) Exeko

Avant une petite pause pour le lunch, notre comité visite la bibliothèque de PAQC, refuge pour Autochtones, premier relais des livres idAction Mobile. Les étagères sont bien remplies. Les grands gagnants demeurent les livres d'images, récits d'histoires vraies, et bien sur livres et magazines en langues autochtones.

Le café mission Old Brewery est aussi  très rempli à cette heure de la journée! Nous y retrouverons Rémy, intervenant sur place. Les livres sont partis comme des petits pains, mais nous nous promettons de revenir en remettre très bientôt sur les étagères.

Après une discussion au Pas de la Rue, bibliothèque en place et très fonctionnelle elle aussi, ("on aurait besoin d'un nouvellement des stocks, vous pouvez être surs que tous les livres ici ont deja été lus plusieurs fois!!")nous terminons notre tournée par  un arrêt au Centre d’Amitié Autochtone de Montréal. La bas, on nous conforte encore un peu plus, lorsque Maurice, intervenant nous glisse :  Y’a des gens qui font que ça, lire toute la journée! C’est mieux que l’ordinateur, ou pire, candy crush!!!”

La journée se clôt donc le sourire aux lèvres, nos quelques doutes de la matinée de voir des rayonnages abandonnés et vides sont balayés en moins de deux à la vision des initiatives d’appropriation des bibliothèques, les possibilités de développement et d’enrichissement des actions en sont reboostées.

De beaux jours s’en viennent donc pour ces petites bibliothèques, un beau printemps s’annonce!

Appel : nous recherchons des livres d’art, de musique (partitions, bio, autres), d’artisanat, de la poésie, de la littérature autochtones, des livres d'images, des bandes dessinées et de philosophie ... Contactez nous à info@exeko.org

http://exeko.org/idaction-mobile

Mon premier Trickster

Par Alessia De Salis, Artiste-intervenante

Trickster@Waswanipi

 

Mon premier Trickster terminé. Deux semaines, qui ont passé en un instant mais qui m’ont semblé être 2 mois tellement elles étaient chargées. Des rencontres marquantes, des moments d’émotions, des jeunes inspirants et d’autres plus confrontants.

John* : un garçon de 14 ans, démotivé, désintéressé de l’école, de la vie. Premier jour du Trickster il se présente comme étant celui qui ne veut rien apprendre, ni savoir et surtout qui n’a rien à retirer de nos ateliers. Assis à l’écart des cercles de discussions, seinant autour des activités sans jamais vraiment y participer, il reste pourtant jusqu’à la fin du premier jour, puis du deuxième. 

 

(c) Exeko

 

À la troisième journée d’activités, de ses grosses mains malhabiles, il prend les bâtons fleurs, surtout pour les lancer sur ses collègues, ou simplement les lancer par terre lorsqu’on le regarde,  pour s’assurer qu’on sache qu’il n’est bon à rien.  Mais plus les jours passent, plus il trouve des moyens de subtilement se rapprocher du cercle de discussions et de rester un peu plus longtemps à la fin des ateliers…  Jour 4, jour 5, les bâtons fleurs sont toujours entre ses mains, et John est allongé à côté de moi, dans le cercle de discussions :

- On a juste fait un jeu aujourd’hui...on devrait en faire un autre.

Puis le concept du spectacle arrive. Les jeunes sont invités à présenter leurs «Tricks». Cette fois-ci, John refuse de venir se joindre à nous, il garde ses bâtons fleurs serrés contre lui, et va s’allonger sur le coté du gymnase pour nous indiquer clairement qu’il ne fera aucune présentation. Mais, quelques mots d’encouragements personnalisés et les applaudissements de ses collègues l’incitent à se relever de peine et de misère et à se diriger, très lentement, derrière le paravent. Puis, malgré sa peur envahissante, John sort de derrière du paravent pour venir d’abord lancer ses bâtons fleurs au sol, mais à travers les encouragements et les applaudissements il réussit à montrer ses «tricks» et surtout à surmonter sa peur.

 

(c) Exeko

 

Les jours passent et l’idée du spectacle se concrétise de plus en plus.  John, trouve toujours une manière de se désengager du spectacle malgré qu’il soit toujours le premier arrivé et le dernier parti des ateliers. Il pratique ses bâtons fleurs assidûment et même s’implique dans les scènes que nous pratiquons avec ses collègues. Lors de la mise en scène du numéro de bâtons fleurs, il me rappelle avec insistance sa partie dans le numéro, de peur que je l’oublie peut-être ou que je le mette de côté.  Mais chaque jour il continue de nommer les raisons de l’échec de notre spectacle.

La veille des représentations, nous apprenons qu’un Aîné est décédé et que nous devrons donc annuler le spectacle du soir par respect pour la communauté. C’est dans les yeux de John que je remarque la plus grande déception.

Tout de même, 2 représentations auront lieu devant les écoles le lendemain. La journée du spectacle, John vient me voir pour me dire à quel point il a peur, et comme tous ses amis, le stress l’envahit.

Mais maintenant ils ont tous la capacité d’en parler. Les jeunes se serrent dans leurs bras en coulisse, vérifient compulsivement leur «preset» et leur ordre de passage dans le spectacle.

 - J’ai peur que tout le monde rie de nous.

- Ouain, ils vont se foutre de notre gueule.

Avec eux, en coulisse, je sens le stress du show monter en moi, comme une maman poule. Et leurs petits bras fébriles qui viennent me quêter du réconfort. Je cache mon stress pour leur donner du courage au travers de grande phrases d’espoir que je crois trop «kétaine» mais, les yeux rivés sur moi, ils acceptent mes encouragements. Ils me regardent avec toute leur confiance et d’une grande inspiration, foncent sur scène.

 

(c) Exeko

 

Notre Légende raconte une histoire de courage, et les jeunes trouvent la force de monter sur scène et d’épater leur école au grand complet ainsi que tous les professeurs.

Après le spectacle, John est encore un des derniers à partir. Il réalise lentement que c’est la fin de l’aventure Trickster.  Assis devant nous, incapable de dire les mots, on sent toute la reconnaissance de John. Comme un petit animal, il va donner un calin maladroit à Manu.

John : Au début je ne croyais pas qu’on pouvait faire un spectacle…..mais je l’ai fait…!? Quand est-ce que vous revenez….

J’ai pas pleuré mais presque….

 

Merci à la communauté de Waswanipi pour leur accueil chaleureux!

Découvrez le programme Trickster ici

*Nom fictif

Jeu de ficelles @ idAction Mobile

Par Marie Pierre Gadoua, médiatrice idAction Mobile

 

Vous les connaissez sûrement, ces jeux de ficelles qu’on fait lorsqu’on est enfant, avec nos amis dans la cour d’école, ou simplement pour passer le temps quand on s’ennuie par les jours de pluie… C’est une pratique qui ne date pas d’hier, et on la retrouve dans diverses cultures à travers le monde. Chaque peuple a ses propres figures, ses mots pour les décrire, ses histoires qui vont avec, et ses moments et contextes où les pratiquer.

 

La semaine passée, l’équipe à bord de la caravane d’Exeko a voulu apprendre les versions inuit de ce jeu, en allant, ficelles en main, à la rencontre des participants inuit dans les rues de Montréal.  Le printemps venait de se pointer le bout du nez, et nous avions envie de le célébrer en jouant dehors, comme des enfants.

 

Mais attention ! C’est du sérieux, la version inuit des jeux de ficelles (appelée ajaraaq en Inuktitut). C’est ce que nous avons constaté dès notre premier arrêt avec Johnny, qui est originaire d’Iqaluit au Nunavut, et qui a bien voulu se prêter au jeu.  Les figures sont complexes, les mains bougent vite, la ficelle semble se multiplier entre les doigts agiles qui l’entortillent ici, l’enroulent par là, la passent dessous, dessus, tirent une dernière fois, retournent le tout d’un mouvement de poignet, et hop ! Voilà un attelage à chiens qui courent, et courent et courent… Et voici une tente ! Et par ici, un séchoir à vêtements (drying rack), et voilà un pelle à neige, des lunettes, et, ma figure préférée… le lièvre qui échappe au chasseur ! Croyez-le ou non, il court le long des ficelles. Cette figure se nomme ukaliq.

Le lièvre qui échappe au chasseur (C) Exeko

Benjamin, originaire de Pond Inlet, au Nunavut, a même « coupé le doigt » de Marie Pierre, dans une enfilade de mouvements compliqués où elle se croyait fermement entortillée, … et puis hop !  Le tout se libère comme par magie, avec une impression que la ficelle a effectivement passé au travers dudit doigt. 

Le temps de l’atelier, nous étions redevenu enfants, amusés et fascinés par ces tours de magie et ces histoires racontées par leurs mains habiles. L’envie nous a pris de les essayer nous-même, évidemment.  Mais nous aurons besoin de beaucoup d’observation et de pratique si nous voulons être capable un jour de les reproduire à notre tour. Et surtout, il nous faudra des instructeurs généreux et patients, comme Johnny et Benjamin que nous remercions grandement pour cette première initiation.

Heureusement, le beau temps ne fait que commencer et il y a désormais une grosse bobine de ficelle à bord de la caravane. Bon printemps à tous !

http://exeko.org/idaction-mobile