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L'actualité d'Exeko, de ses programmes et projets, de ses nouvelles collaborations et coups de coeurs, vue par quelques membres de son équipe.

Exeko x Club des petits déjeuners @ Island Lake

Exeko et le Club des petits déjeuners du Canada seront au Nord du Manitoba pour tenir des projets avec des jeunes de 3 communautés Oji-Cree @ Island Lake du 2 au 21 mars 2015. Alessia De Salis, artiste-médiatrice pour le projet nous a écrit un petit mot en direct de Saint Theresa Point!
Par Alessia De Salis @ Island Lake

Départ pour Island Lake. Bruno, Cathia et moi même nous rencontrons à l’aéroport de Montréal pour le grand départ. Au total, 15 bagages. Pourtant, Cathia n’a pas caché son mari dans sa valise, Bruno n’emmène pas le Labo Crack Boom au grand complet…..Bref, des combines en mérinos et des bobettes… Le reste…de l’équipement de jonglerie et de la bouffe pour 3 semaines! BOUM pour 1000 kilos sur 4 chariots trainés par 3 médiateurs!

Départ pour le Costa Rica dernier appel…non, cette aventure c’est vers Island Lake!

Une nuit à Winnipeg, et le jour suivant, un mini-avion de Perimeter Airlines  nous accueille, avec Tobby comme agent de bord. Difficile de se concentrer pour donner les conseils de sécurité quand les deux médiatrices applaudissent à tout ce qu’il dit. Par le hublot, une étendue de blanc suivit d’une forêt sans fin de conifères, encore entouré de tout ce blanc. Bruno, Cathia et moi, en route vers une place qu’on appel Island Lake.  Premier arrêt; Saint-Theresa Point.

(c) Exeko

 

Tout de suite en sortant de l’avion, nous tombons face à face avec un très charmant hélicoptère. Par chance, le lift pour Saint-Theresa se trouve à Winnipeg, ce qui donne l’occasion aux deux médiatrices de quêter un tour d’hélicoptère à Jeff, le pilote. Il ne suffit que de demander, et les voilà à 100 mêtres au dessus de cette place magique et encore inconnu. C’est un premier contact aérien avec cet immense lac gelé qui encadre les îles et ouvre les routes de glace entre les communautés.  De retour à l’aéroport, Cornélius nous accueille pour nous reconduire dans cette magnifique petite maison ou nous dormirons à 5 dans un salon.   

 

 

(c) Exeko

Puis, Freddy, un homme au cœur immense qui tient la sagesse dans ses mots, nous raconte son amour pour sa communauté et sa culture. Il partage les besoins de celle-ci avant humilité et humanité. Émus et transportés par cette rencontre, nous réalisons lentement que cette aventure sera plus belle et plus grande que toute attente.  Le même soir, il nous invites pour une balade nocturne sur la route de glace, une route sur un lac, faite en glace ou les voitures peuvent rouler d’une communauté à l’autre. Au milieu du lac, au milieu de la route, une aurore boréale illumine le ciel et les yeux des médiateurs.

 

(c) Exeko

 

Jour 1 à l’école secondaire de Saint-Theresa Point. Une liste de 40 étudiants inscrits pour le projet. Un souvenir du dernier projet @ Garden Hill en 2013 oû le grand nombre d’inscriptions avait dupé les médiateurs qui s’étaient retrouvés avec un beaucoup plus petit groupe. Aller pour le tour des classes et le recrutement des participants.  L’atelier débute avec un total de 51 étudiants. Le local déborde de sourires et d’énergie. Les jeunes participent avec entrain. Nous sommes remplis et subjugués par cette ouverture et cet engagement. Des jeux de Samourai à la princesse, les jeunes sont prêts à tout.  Dans un circuit de jonglerie ils expérimentent les différentes disciplines. À la fin de l’atelier, un petit retour avec un immense groupe. Nous ne trouvons qu’une seule chose à dire :

« Merci. On a hâte à demain! »

Merci au Club des petits déjeuners du Canada et à la Winnipeg Foundation (Edward Dock Fund) pour leur soutien dans le cadre de ce projet.

Découvrez le programme Trickster ici ---> exeko.org/trickster

 

La légende des arbres

Photo de couverture: Jean Leclair pour Exeko

Quand je repensais au Trickster, ce personnage malin et fripon, jonglant entre rêve et réalité, qui apporte simplicité et autodérision comme le sérieux le plus total dépendamment de l'état dans lequel on se trouve, je me disais qu'un peu de rêve vu à travers des yeux d'enfants ne pouvait pas nous faire de mal après des mois d'hiver qui glacent l'optimisme.

La première éditon de Trickster@MTL avait laissé de beaux souvenirs dans les esprits de chacun des spectateurs présents ce soir là, et nous étions tout aussi intrigués de découvrir cette seconde présentation qui favorisait cette fois l'interaction avec le public, les artistes et les jeunes. Nous étions presque 100 rassemblés ce lundi pour découvrir les extraits de Mitik Atsokan, un conte traditionnel Anishnabe transmis aux enfants au début du processus de création il y a plus de 5 mois par Véronique Thusky, notre d'Aînée et conteuse pour ce projet Trickster.

 

En coulisse avec les Vivaces(c)Jean Leclair pour Exeko

 

Pendant 5 mois, Richard, Destiny, Tania, Tabia, Mark, Jaden, Joy, Luka et Emmy, encadrés par Pierre-Paul Savoie, metteur en scène, Émilie Monnet, collaboratrice à la mise en scène et artiste-intervenante, Benoît Côté et Geronimo Inutiq, compositeurs, l'équipe des Vivaces pour la scènographie et Alan Harrington pour la danse traditionnelle, ont mis en scène, construit les décors et interprété à leur sauce la Légende des arbres, un mythe qui raconte l'histoire des Nintem Anishnabek, les Premiers Humains qui communiquaient avec tout ce qui les entourait, et avec les arbres qui leur répondaient grâce au vent.

Pour ces extraits d'une quinzaine de minutes, la scène était magnifiquement décorée d'un arbre majestueux dont les feuilles et les fleurs, faites de bouteilles plastiques, accotaient un tipi devant lequel passait parfois un poisson (volant pour l'occasion) scintillant dont les écailles n'étaient autre que de vieux cds accrochés les uns aux autres.

 

Émilie devant l'arbre (c)Jean Leclair pour Exeko

 

Poisson volant(c)Jean Leclair pour Exeko

 

Premiers humains parlant avec les arbres et le vent.
La douceur de la rêverie commençaient à refaire surface à mesure que la pièce avançait. Sourires dans la salle, rires à chaque coin, opération était en route.


Le dialogue entre le personnage principal et les arbres était rythmé par la musique de Geronimo et Benoît, artistes talentueux qui se sont joints à l'équipe pour cette 2ème édition, et par les danses, acrobaties et jeux des 9 jeunes comédiens Autochtones, Métis et Inuits.

La représentation s'est terminée par des échanges entre les jeunes et le public, et le sentiment de fierté de ces tout jeunes comédiens amateurs était la plus belle représentation que nous pouvions espérer.

 

Final (c)Jean Leclair pour Exeko

 

Le sourire des enfants, et la poésie du conte qu'ils ont présenté entre les murs du Centre d'Amitié Autochtone par ce soir de tempête avaient réussi à captiver l'auditoire composé de familles aussi fières que leurs enfants, de nos partenaires touchés, des équipes du projet comblées et attendries et surtout, ils avaient réussis à créer un moment de partage intime autour d'une légende pleine de sens, à réveiller un peu en nous les Premiers Humains endormis par le froid.

Merci à eux !

 

Retrouvez toutes les photos du projet Trickster@MTL sur notre compte flickr !

 

Nous remercions les bénévoles présents pour leur soutien aussi essentiel qu'indispensable au bon focntionnemnt des projets d'Exeko, Sarah Bengle, Jean Leclair et Jrene Rahm nos photographes et vidéastes pour les belles images qu'ils laissent derrière eux, le Centre d'Amitié Autochtone de Montréal pour sa collaboration, le groupe Banque TD pour son support cette année encore, le Ministère de la Culture et des Communications et la Ville de Montréal pour leur soutien dans le cadre de l'entente pour le développement culturel de Montréal.

 

exeko.org/trickster

 

Premiers mois d'idAction au Module du Nord Québécois

Début octobre débutait une nouvelle collaboration du programme idAction avec le Module du Nord Québécois. Dans ce contexte tout à fait particulier, un trio de médiatrices constitué d’Alexandra, Marie-Paule et Marie-Pierre ont mis en place des ateliers chaque mardi soir.

Au Module du Nord, plusieurs centaines d’Inuit sont hébergés chaque année lorsqu’ils  viennent chercher des soins médicaux. Aussi, leur séjour peut varier de quelques jours à plusieurs semaines. Beau défi pour notre trio, qui rencontrent quasiment chaque semaine une salle pleine de nouveaux visages. De ce défi est née l’idée de réaliser une grande bannière collective, sur laquelle chacun peut, tout en discutant, laisser une petite trace de son passage. Après plusieurs semaines de peinture est venu le temps de coudre, et c’est avec humilité et curiosité que nos médiatrices ont mis la main à la pâte, en apprenant les rudiments de la couture, appuyées par Jrène, une bénévole aux doigts de fée.

 

« Nous apprenons à chaque semaine à adapter notre proposition de médiation au MNQ. Il aurait été bien prétentieux de savoir ce dont les gens avaient besoin en arrivant. Notre première présence au MNQ en a été une de découverte, d'apprentissage, d'écoute du terrain et d'essais. »

Marie-Paule Grimaldi, médiatrice

Dans ces ateliers qui réunissent de 10 à 30 participants de tous âges chaque semaine, le trio de médiatrice a mis en place des projections de films portant sur divers aspects de cultures autochtones.  Ces films  et la fresque créent un référent, un objet autour duquel peuvent venir se greffer et graviter les discussions. « Rencontres intergenerationnelles et positives sur toute la ligne et beaucoup de conscientisation autour de sujets difficiles comme les déportations forcées de familles Inuit dans les années 60, sujet du film Martha of the North. », raconte Alexandra à son retour de l’atelier de cette semaine. Ainsi s’opère la magie de la médiation…  Marie-Paule  décrit l’appropriation naturelle de la bannière par les petites mains qui y contribue. Les participants ont même réussi à obtenir l’autorisation de continuer l’ouvrage après le départ de l’équipe.

 

Travail autour de la bannière (C) Exeko

« Nous faisons trois choses au MNQ: de l'empowerment culturel, aider à créer des espaces d'échange intergénérationnels et participer à un dialogue allochtone-inuit basé sur l'hospitalité. Ce sont trois actions majeures en prévention. Je suis persuadée qu'un fort sentiment d'appartenance et de fierté à sa communauté et la perspective dans un monde où il est possible de prendre sa place en co-construction sont des dispositifs qui aident un être humain à s'épanouir. Notre intérêt envers les Inuit et notre souci de réfléchir à leur accueil à Montréal est nécessaire pour faire tomber certains préjugés, une ignorance et une méfiance qui ne servent personne. »

Marie-Paule Grimaldi, médiatrice

 

 

Ce mois-ci, dans le cadre d’un autre contrat, Marie-Pierre était en déplacement au Nunavik, à Inukjuak! Aussi, quelle belle surprise pour notre médiatrice de retrouver quelques participants rencontrés dans le cadre des ateliers! « Ce voyage m'a fait réaliser à quel point le YMCA est un lieu commun et habituel pour les inuit du Nunavik. C'est un séjour obligé et régulier pour le monde. Et leurs réaction quand je leur expliquait ce qu'on y fait: "Wow! When is this? I want to come!", avec les yeux pétillants et tout. Il y en a même un qui veut se faire envoyer le coffret DVD chez lui. Il ne peut attendre de venir au Sud. », nous partage-t-elle. Marie Pierre nous raconte ses discussions dans le Nord au sujet des participants d’idAction Mobile en situation d’itinérance. Elle décrit l’empathie et la sympathie de ses interlocuteurs, à l’issue de la discussion, au sujet de leurs concitoyens marginalisés de Montréal. Plusieurs lui mentionnent leur intérêt à venir participer aux ateliers du Module du Nord lors de leur passage à Montréal

La semaine prochaine, une sortie aura lieu avec un groupe du Module du Nord au Musée Mc Cord. Début mars, une journée de pêche blanche dans le Vieux Montréal permettra à chacun de partager ses savoirs… A suivre!

 

 

 

Maison de rêve...

Lundi, j’embarquais à bord de idAction Mobile pour la soirée. A mes côtés, un équipage de choc, une fois de plus. Simon Chalifoux, anciennement bénévole de longue date, médiateur depuis le début de l’année, effectuait sa première soirée officielle en temps que médiateur pilote ! L’équipe se voyait ce soir là bonifiée de la présence douce et exceptionnelle de Suzanne Doucet et Colleen Lashuk, deux architectes professionnelles venues proposer il y a quelques mois un projet, « maison de rêve », à Exeko.

« Maison de Rêve », c’est avant tout l’idée selon laquelle chacun à le droit de laisser voguer son imaginaire et de rêver au chez soi idéal. A son « home » parfait. Est-il dans un arbre ? Sous terre? A-t-il des murs en verre ? Qui sont les voisins ? Que voit-on par la fenêtre ? Autant de questions qui permettent de passionnantes discussions… Nous avons débuté la collaboration avec Colleen et Suzanne il y a plusieurs semaines. Très à l’écoute, les deux femmes sont allées observer le déroulement des ateliers de médiation sur idAction à la Maison du Père et à l'Accueil Bonneau, ainsi que sur idAction Mobile. Est née une série d’ateliers visant in fine la réalisation concrète de modèles de ces maisons de rêve. L’atelier - enrichi par les conseils de notre équipe des médiateurs - était fin prêt, et nos deux architectes sont allées l’inaugurer à la Maison du père.  Après un atelier plus réflexif, le second s’est tourné vers la création, avec réalisation de maquettes. Déjà les perceptions variaient : chez soi individuel, habitat naturel, refuge géant…

Lundi soir, nous abordions la 3e étape de ce beau projet, et allions récolter dans les rues de Montréal le feedback de nos participants idAction Mobile sur ces premières maquettes, afin de le rapporter à leurs créateurs ce jeudi. Premier arrêt au métro Place des Arts. L’heure tardive et le froid ambiant créent une ambiance un peu agitée, mais les maquettes, exposées à même les couloirs de métro, font naitre des commentaires. Plus d’animaux sur celle ci ! Celle là, je n’aimerais pas habiter dedans, ça manque de lumière ! La vue de cette maison là devrait être un village !

Expo métro (c)Ddecollasson@Exeko

Nous prenons ensuite la route de Projets Autochtones du Québec. Là encore, nous exposons les maquettes, qui récoltent quelques commentaires. Mais c’est avant tout la participation de 3 hommes qui marquera cet arrêt de près de 2 heures !

Ancien architecte, Joshua s’empare de larges feuilles blanches et de feutres, et entreprend la réalisation de sa maison idéale Bungalow house, sur laquelle il inscrit nos prénoms en inuktitut, à notre ravissement. Je suis rebaptisée Tulutia, ça sonne tellement doux dans les oreilles…

Bungalow House (c)Ddecollasson@Exeko

De son côté, Andy choisit de réaliser la maquette de sa propre maison de rêve. Suzanne s’installe à ses côtés, et débute un magnifique travail d’équipe, dirigé d’une main de maître par Andy, qui n’hésite pas à tout remettre à plat pour remodeler le terrain à son idée. Les arbres émergent, ainsi qu’un lac dans lequel on peut pêcher des poissons fantômes. Une maison longue / tente apparaît sur le terrain, que Andy identifie comme étant le «  Stewart Lake ». Son visage irradie de bonheur pendant l’activité, on est tous fascinés. Un participant regarde le travail achevé. Il reconnaît Stewart Lake, et Andy s’empresse de lui expliquer sa démarche de construction.

Stewart Lake (c)Ddecollasson@Exeko

 

Nous terminons la soirée par une leçon de pêche au harpon donnée par Andy, improvisée autour de poissons fantômes – des mitaines ce soir là ! Les cuisses endolories par la posture d’attente, nous écoutons le récit d’Andy qui nous en enseigne les rudiments, transmis par son père. C’est à regret  et poussés par l’heure tardive que nous quittons les lieux, tandis que plusieurs personnes arrivent, intéressées par l’activité !

Leçon de pêche (c)ColleenLashuk@Exeko

Jeudi, Suzanne et Colleen feront une nouvelle fois la liaison entre les participants d’idAction et d’idAction Mobile. L’objectif final ? Une exposition dans un lieu public, pour présenter les visions du chez soi qui leur seront partagées.

 

Découvrez les photos de Maison de rêve sur notre flickr !