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Bourses "Art, philo &communauté", deux projets à découvrir

Photo: © Mikael Theimer

En octobre dernier, en partenariat avec la CSQ, l'Esplanade, le pôle IDEOS du HEC Montréal et Rise Kombucha, Exeko lançait ses toutes premières Bourses "Arts, philosophie & communautés" visant ainsi à soutenir un projet social novateur au carrefour des arts et de la philosophie en vue de lutter contre l'exclusion sociale, culturelle et intellectuelle. Jeudi, le 7 janvier dernier, il n'aura fallu pas moins de 4h de délibération pour déterminer les 2 projets chacun porté par un duo d'étudiant.es que nous auront le plaisir de mettre de l’avant dans les mois à venir.

Chaque duo sélectionné se voit remettre :

  • 2 500$ pour réaliser un projet novateur
  • Une formation à la médiation intellectuelle et à sa posture éthique sur le terrain par Exeko
  • Un accompagnement en gestion de projet par le pôle IDEOS de HEC
  • Un accès aux bureaux et salles de conférence de l’Esplanade

La bourse CSQ​ est remise au projet Improvisation libre, par Annick Davignon et Joëlle Sarrailh.

       

Photo:  © Annick Davignon et Joëlle Sarrailh

 

Exploration dans un cadre scolaire de différents groupes de jeunes 12-15 ans, avec ou sans trouble du spectre de l’autisme (TSA) les thèmes d’identité, de la norme et des préjugés à travers des jeux inspirés du monde de l’improvisation.

La bourse Rise Kombucha est remise au projet Sans-habit, par Catherine Ménard-Jolin et Camila Forteza

                    

Photo:  © Catherine Ménard-Jolin et Camila Forteza

Rencontres citoyennes dans le métro entre artistes et personnes en situation d’itinérance. À travers l’acte de s’habiller et se déshabiller dans le wagon, la performance offre des échanges de peau empreinte d’une nouvelle vie.


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De grandes rencontres aux petits sommets de l’enfance et l’adolescence

Une équipe de Trickster, composée de Bruno et Jani, est au Lac Simon depuis presque deux semaines, afin de rencontrer les jeunes de l’école Amik-Wiche et construire avec eux une présentation artistique basée sur un conte partagé par Virginia Dumont . Les jeunes artistes présenteront le tout ce mardi, à la salle communautaire, deux fois plutôt qu’une. 

Lac Simon ! Lac Simon ! Lac Simon ! Comment écrire un article comme les autres quand pour la quatrième fois en 3 ans tu m’accueilles encore avec autant de chaleur et de surprises ?

La magie ne fait que se multiplier à chaque fois et le projet devient de plus en plus petit prétexte de grandes rencontres. Il va s’en dire que je peux vous partager qu’une magnifique équipe de jeunes participants de 10 à 15 ans fourmillent autour du Trickster depuis deux semaines. L’énergie est au maximum, les déplacements se font en courant, les bras dans les airs et en criant de joie ou d’excitation. Aussi bien dire que nous sommes comblés et aussi un peu étourdis par tout ce dynamisme ! Par contre, ce n’est pas ce dont je veux vous parler cette fois-ci, parce que bien que les Trickster soient tous différents, le processus se ressemble et c’est souvent au-delà de cela qu’il y a des étincelles et du dépassement de soi.  

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de la famille Poucachiche.

Lors du premier Trickster, nous avions rencontré Kelvy, grand ado talentueux qui danse, dessine et fait de la musique traditionnelle. Il avait gravité autour du projet sans trop s’y accrocher les pieds. La deuxième année, nous l’avions croisé sans plus et avions eu la chance de travailler avec sa petite sœur Wabigoni, alias Waboos (lièvre en anicinabe), qui tenait le rôle principal du spectacle final. Une grande rencontre pour moi qui étais alors coordonnatrice. Cette petite pré-adolescente avait su lire en moi et sans que je m’en aperçoive nous avions créé un lien particulier qui me suit encore. Sa fascination pour mon aisance corporelle malgré mon « belly », comme elle me disait, mon odeur d’huiles essentielles et mes cheveux gris ont été étrangement le déclencheur de notre relation. Elle pointait ce que j’aurais pu qualifier de mes défauts et pourtant ça me donnait que plus de motivation pour les assumer afin d’émaner une nouvelle énergie féminine dans son univers. Merci Wabigoni !

 

Wabigoni aliasWaboos (c) Exeko

 

Au mois de mai dernier, Alessia et moi sommes allées passer quelques jours au Lac Simon pour faire un partage de pratique avec des intervenants du centre de santé. En passant, devant la maison de Waboos, j’ai eu droit à un « MMmm, tu sens pareil comme la dernière fois » Je vous jure, même si mon travail consiste à être à l’écoute des autres et centrer mes énergies sur leur potentiel, ces moments sont précieux et je mentirais si je disais qu’il n’y a pas une parcelle d’égoïsme dans ma pratique qui repose sur ce désir de créer des liens significatifs avec des êtres humains que je n’aurais pu rencontrer sans cela.

J’ai deux payes, celle qui rentre dans mon compte de banque et celle qui rentre dans mon cœur.

Il y a une semaine nous ouvrions la porte de la Maison de la Famille où nous avons la chance d’être logés durant notre séjour. En me retournant, j’aperçois Waboos qui se lance vers moi pour me dire un :  « Oh my god ! Je vais pleurer ». En silence, je retiens un « Oh my god ! Moi aussi ! » Le lendemain, je rencontre Layla, sa petite sœur, une autre petite souris d’affection, qui me fait encore plus tomber sous le charme de cette magnifique famille. Comble d’éléments positifs, Kelvy, le grand frère, se joindra cette fois-ci au projet, mais comme intervenant de communauté. 

 

Layla (c) Exeko

 

C’est avec joie que je le vois se joindre au Trisckter et que j’apprends qu’il a décidé de venir chercher de l’emploi par lui-même à l’école, afin d’arrêter d’avoir recours à l’aide sociale. Une décision personnelle et une démarche louable pour un jeune de 18 ans, selon moi. Je suis impressionnée par son courage et sa détermination. En plus d’animer des activités au primaire, il participe au Trickster et fera parti au printemps du Camp de leadership des Premières Nations, organisé par le Club des petits déjeuner, en tant qu’assistant animateur, après avoir reçu la formation en animation.

Encore une fois, la famille Poucachiche me fait sourire et confirme que, malgré mes inquiétudes, mon sentiment d’imposteur, mes peurs et, j’ose dire, parfois mes préjugés bien ancrés, être un Trickster, c’est avant tout se laisser la chance de faire de grandes rencontres aux petits sommets de l’enfance et adolescence.

exeko.org/trickster 

 

 

Le programme Trickster est soutenu par
le Ministère de la Culture et des Communications du Québec
et la Fondation Québec Jeunes.

"J’écris, moi non plus : parait que les fleurs poussent en hiver"

Photo: © Maud Bousquet pour Exeko

Par Caroline Foujanet

 

“J’écris, moi non plus : parait que les fleurs poussent en hiver", comme une page de titre…

 

Voilà, nous y sommes...

après avoir imaginé plusieurs semaines durant, la texture de la couverture,

après avoir pensé la matière de ce qu’elle abritera et dévoilera le moment venu,

nous ouvrons ce cycle d’écriture, au doux et mystérieux nom.

 

Mardi dernier, 12 janvier 2016 : premier atelier d’une longue série, l’atmosphère conviviale et inventive a donné la teinte aux pages liminaires.

 

Tournons quelques pages, curieux de découvrir l’avant-propos.
A l’origine : l’envie de 3 partenaires, de faire pousser des fleurs dans les coeurs,  chacun y allant de son composant :

Il nous faut du terreau , comme terre végétale d’édition cultivant la poésie : Les éditions de la Tournure;

Ajoutons le  fertilisant, comme un engrais d’innovation social : Exeko et son accélérateur naturel inclusif qu’est  la médiation intellectuelle;

Veillons aussi à ce que ce que ce végétal s’épanouisse, en lui offrant un  tuteur, sorte d’armature éditoriale pour l’élévation de la plante,  Possibles éditions apportera son savoir faire artisanal dans la fabrication du livre.

 

Nous avions les substances essentielles, restait à trouver l’incubateur.

Quel serait le lieu au potentiel fécond pour  l’éclosion des fleurs ?

C’est avec naturel, que nos instincts nous ont conduit vers la Grande Bibliothèque. Et c’est avec un vrai plaisir que la collaboration a pris racine.

 

La création littéflorale est amorcée !

12 séances vont donner le corps au texte.  

 

Puis, c’est aussi quelques ramifications fortifiantes pour le Projet Biblio-libre d’Exeko, et quelques forces supplémentaires pour les lecteurs des 12 micro-bibliothèques implantées dans les refuges et centres de jour de Montréal.

 

Autant de coeurs joueurs de mots, faisons pousser nos idées !

Le joli mois de mai, verra éclore une création de caractère.

 

Les ateliers d'écriture "J’écris, moi non plus : parait que les fleurs poussent en hiver" s'inscrivent dans le cadre du projet Biblio-libre. Ce projet bénéficie du soutien financier du ministère de la Culture et des Communications et de la Ville de Montréal dans le cadre de l'Entente sur le développement culturel de Montréal.

From Icefishing to Plasticine: a year of workshops at the Northern Quebec Module

Photo: © James Galwey, Marie-Pierre Gadoua et Alexandra Pronovost pour Exeko

By James Galwey, mediator 

James, who began as volunteer before becoming a mediator at Exeko, speaks today about the idAction project at Northern Quebec Module.

Every year, Inuit of all ages fly down to Montreal for medical treatments not available in Nunavik. Usually accompanied by a family member, they are lodged at the Northern Quebec Module (NQM), an Inuit welcome centre housed in a downtown YMCA. Some of the Inuit are comfortable in Montreal, they know the city and enjoy it but for others, it is a source of stress. For periods varying from one week to several months, they have to deal with their illness in a large, unknown city, far from home and their community. They patiently wait their ticket back to the great outdoors up north: the sea, rivers, mountains and tundra... hunting, fishing, and their beloved ‘country food’, the muktuk or artic char.

At the beginning of 2015, Exeko started to hold cultural mediation workshops at the YMCA. The objectives of the workshops were to promote a space for reflection, discussion, creativity and positive socialization among Inuit participants, around the theme of a home away from home in Montreal. The residents have a lot of free time between the hospital visits so what is there to do? Do they feel welcome in Montreal? Is there anything they would like to see in the city? 

Thus, every Tuesday evening from 7.00PM to 10.00PM, two Exeko mediators and an NQM member, made a home in one of the YMCA rooms. We would set up the tables and chairs, get out the paints, crayons, modeling clay, maps and sewing kits, put on some Inuit music and go look for participants.

 

 

One of the major hurdles was the fact every week new people would arrive and others would leave so the workshops could not benefit from familiarity; it was difficult to build upon the workshop from the previous week. One week we would have lots of eager participants and the next week, they had returned to Nunavik. The challenge therefore was to find new participants every week, and to put on workshops for people that knew nothing of what happened the previous week.

It should be noted that the YMCA also houses PRAIDA, an organization that helps recently arrived refugees. It is their first port of call before taking an apartment in the city, looking for work and making a new life. Whenever possible, we would try for a cultural mix and integrate some of the refugees in our workshops.  Many of the refugees spoke no French and very little English but gathered around the table, they would interact with the Inuit participants and talk about different ways to sew, war in their country of origin, the cold (this is Quebec, after all), musical traditions and food. The workshops always seemed to run much better when refugees joined the group.  

One of the first things we became aware of was that many Inuit did not feel particularly welcome in Montreal. The city does not have a glowing reputation; there exists a certain amount of wariness about coming south. The Inuit miss their tightknit communities, the food, and the landscape. It does not help that although the NQM workers are receptive and warm, the YMCA building is not: similar to a hospital, it is made up of long corridors, beige paint schemes, locked doors and closed rooms. It was decided to sew a number of colourful, inclusive welcome banners for the entrance hall; have participants stitch words of welcome and pictures onto a large piece of cloth and hang them up for people to see. This was something that could be an ongoing project, allowing people to make something that could be easily added upon by future participants. 

 

 

Many Inuit women are very good at sewing, as many still make their own clothes, so it was felt this type of activity would have an appeal. The idea would also feed perfectly into the Exeko mission of intellectual mediation.  It is a relaxing moment where people get together in a circle around a group project, chat and exchange ideas. As the months passed and the banner took shape, recently arrived Inuit participants working on the cloth would notice a previous message or drawing and recognise its author. 

Looking with amusement at the stitch work of one of the female mediators, an elderly Inuit woman joked that with sewing skills like that she would never find a husband. 

At the same time as one of the mediators managed the room, the other would show documentaries in the nearby TV and Internet room, reserved exclusively for the Inuit. Usually, people simply watch the usual television programming but we screened NFB films shot in the Far North and held discussions about them afterwards. Is the portrayal of their culture accurate? Has their lifestyle changed since the film was made? The NFB began to take an interest in the Canadian artic during the very first years of its existence. As early as the 1940s, film crews were sent to capture images of the Inuit people. More than two hundred films were produced but sadly, many Inuit have not seen these films. It was joy to watch the films with them. There was always someone in the room who would know one of the faces in the film. On a more personal note, I believe the participants were quite proud at seeing themselves and their culture portrayed on film.

 

 

During the summer months, the mediators would take tables outside, in front of the YMCA building and set them up with crayons, paints and pads of paper. Many Inuit at the YMCA hang around outside and smoke so we thought it would be a good idea to join them. And maybe get to talk to some Inuit men. For the most part it was women and children who would come to our workshops. Men would poke their head inside, see the women and children, and then leave. Outside, however, while smoking a cigarette, it was easier to mingle and discussions were easier to come by – especially with the teenagers. I learnt about life in the North, living conditions, hunting expeditions, what it means to be a teenage boy in Nunavik, video games, the social challenges facing people up North, films, and food. Another positive point was that Inuit people living in the Montreal (and who are not allowed into the YMCA) would drop by to see friends outside. Their presence would often make conversations between the mediators and the recently arrived Inuit participants easier as the Montreal Inuit were on friendly terms with the mediators.  

Exeko would also organize trips outside of the YMCA. Participants were taken ice fishing on the St-Laurent and Inuit art exhibitions at the museum. The second to last outing took place at the Museum of Fine Arts. We took thirten people, including a recently arrived Kurdish family of five, to see Inuit throat singers performing with an Iranian drummer around ceramic works made of Nunavik clay. It was a true meeting of cultures, the perfect social mix. 

 

 

 

All in all, the workshops were an extremely positive experience and the mediators learned a lot about Inuit culture.
For a majority of Inuit, the only people they meet outside of their community when travelling south are the NQM and hospital personnel.  They stay then go, and rarely do they mix with the general Montreal population. As we quickly understood, the Inuit are slightly wary the city and and us, the Qallunaat (Inuit word for white people) and our strange Western ways. But whatever else the Exeko workshops may, or may not have achieved, I can honestly say that they allowed for a real connection with the visiting Inuit and complemented the excellent work of the NQM. Hopefully, memories and images of our interactions will remain and when the participants do back to Nunavik, they will have a few favourable things to say about their stay. There is so much misunderstanding between the cultures but from small seeds, big trees grow and maybe, just maybe, word will spread that not everything in the south is necessarily bad.

 

 


The most surprising and significant aspect of our workshops in terms of social mixing was that whenever the refugees did participate, the Inuit would assume a different role. Their demeanour changed; they were more talkative, curious, and they would pose questions (something they rarely did when talking to the mediators) and tell the refugees about this country and how best to survive its winters (this is Quebec, after all!) They became the official welcoming committee; they were welcoming the refugees to their country. As one of the Inuit workshop participant’s remarked: it seems only fitting that the first people with whom the refugees come into contact are the first inhabitants of this land, the Inuit.

 

Le projet idAction @Module du Nord Québécois est soutenu par l'Arrondissement de Ville-Marie.