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Quand la santé visuelle devient un levier d’accessibilité à la culture et aux savoirs

Parce que nous avons tous et toutes la capacité de participer, créer et réfléchir notre société, Exeko rend accessible des espaces de co-création de culture et de savoirs à travers les rencontres et les ateliers initiés dans le cadre d'idAction Mobile et Biblio-libre. Au fil du temps, les médiateur.trice.s à Exeko ont été les témoins des troubles de vision chez les participant.e.s. Des problèmes qui se traduisent par des difficultés à lire, à écrire, à apprécier les couleurs, les mouvements ou autres formes d’art et de savoir. Une barrière qui limite l’espace de perception et de communication des participant.e.s ainsi que leur champ de création, d’échange et d’expression.

Se limiter à la seule distribution de lunettes de lecture à bas coût (350 lunettes en 2016) est une réponse d'urgence mais insuffisante. Exeko, en collaboration avec la Fondation de la Famille J.W. McConnell et la Green Shield Canada Foundation, a décidé d'aller de l'avant avec incluVision, une initiative qui vise à favoriser l’accès aux savoirs et à la culture en répondant aux facteurs limitants l’accessibilité à la vue en milieu urbain1 et dans le Nord du Canada2.

 

Je veux des lunettes parce que cela me facilite la vie et je suis plus à l’aise à faire les activités que j’aime faire dans la vie. Lire et regarder des films et vivre en général. Merci pour cette opportunité. – Une participante - Médecin du Monde, Novembre, 2016.

 

En partenariat avec la clinique d’optométrie Optopop3 et le Bonhomme à lunettes4, nous avons mené cet automne un projet pilote de dépistage de la vue qui vise à tester de nouvelles technologies5 et méthodes d’intervention dans les centres et refuges partenaires (Chez Doris, Pas de la Rue, Auberge Madeleine, Foyer pour Femmes Autochtones, Café Mission, Centre d’Amitié Autochtone de Montréal, Médecin du Monde, etc.).

 

Ça va m’aider à faire des projets artistiques. Le fait de voir les yeux des autres va aussi m’aider à changer avec eux. Une participante au projet pilote de dépistage – Foyer pour femmes autochtones. Novembre, 2016.

 

Crédit Exeko - Projet pilote de dépistage à Montréal (Automne 2016):  Rencontre entre participante, opticien et optométriste.

 

L’objectif est de mettre en place un modèle de dépistage efficace et durable en utilisant de nouvelles technologies portatives à faible coût et facile à utiliser. Ainsi, ce diagnostic préventif à grande échelle permettra de détecter les troubles de la vision et à alerter les professionnels en santé visuelle en temps réel.

 

L’impact d’avoir une bonne vision est primordiale pour les femmes que nous hébergeons. Elle est la base de l’accessibilité à l’information, de l’accomplissement des activités quotidiennes, elle améliore la capacité d’entamer des démarches (remplir des formulaires, par exemple) ainsi que la possibilité de pouvoir pratiquer des activités de détente, comme la lecture. En ce sens, votre projet permet l’amélioration de leur condition de vie. Daphnée Quentin - Coordonnatrice de projets – Auberge Madeleine.

 

Notre projet pilote sera complété par deux initiatives en 2017 :

La participation à la clinique mobile de la vue de l’École d’Optométrie de l’Université de Montréal dans la région de Montréal.

Un projet de dépistage dans quelques communautés autochtones dans le Nord.

Pour Exeko, promouvoir une bonne santé de la vue comme levier d’accessibilité à la culture et aux savoirs, c’est donner un rôle central à chaque acteurs et actrices6 de devenir une ressource incontournable de toute action inclusive.

 

Ce projet est rendu possible grâce au soutien de : 

                                                                                        


 

1Personnes à risque, en situation ou à expérience vécue d’exclusion sociale

2Les communautés autochtones

3portesoranges.com/examen-de-la-vue-a-montreal/

4www.bonhommealunettes.org

5www.EyeNetra.com

6Pédiatres, infirmier.e.s scolaires, responsables et intervenant.e.s ressources aux programmes d’aide aux personnes seules et itinérantes, en éducation et en culture, citoyen.ne.s..

 

Expérience en terre québécoise

Par Caroline Foujanet

Trickster: raconte-moi ta langue

Par Yann Allard Tremblay

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Depuis plusieurs années, la communauté de Nutashkuan accueille le projet Trickster. Cette année, nous y retournons avec un nouveau projet: Trickster: Raconte-moi ta langue, auquel des jeunes de la 5e et 6e année de l’école Uauitshitun participeront du 28 janvier au 9 décembre.

Le projet Trickster: Raconte-moi ta langue reprend essentiellement la forme et les activités du projet Trickster, mais vise à intégrer dans ses activités l’apprentissage et la transmission des langues autochtones. Ceci est accompli grâce à la participation active d’instructeur.e.s culturel.le.s et linguistiques de la communauté au projet. Dans le cadre du projet, les jeunes sont appelés à prendre part à des ateliers éducatifs, ludiques et créatifs qui se concentrent autour de la transmission de contes ancestraux par des aînés et des instructeur.e.s de leur communauté. Les jeunes s’exerceront dans la langue innue en s’appropriant les éléments des contes et en les réinterprétant par le biais d’une présentation à leur communauté.

Nutashkuan est la première communauté où nous déployons le projet Trickster: Raconte-moi ta langue.

Dans les prochains mois, le projet se tiendra également dans trois autres communautés autochtones, chacune vivant une réalité linguistique différente: une communauté crie, une communauté anishinabe et une communauté kanien'kehá:ka. Au final, le projet Trickster: Raconte-moi ta langue sera un processus de coapprentissage avec ces quatre communautés autochtones. Nous offrons les outils de la médiation intellectuelle pour travailler en collaboration avec les instructeur.e.s linguistiques des communautés afin d’identifier de bonnes pratiques et activités facilitant et contribuant à la transmission et l’apprentissage des langues autochtones.

À la fin du projet, nous rendrons accessible un guide qui recueillera ces bonnes pratiques et activités, qui les présentera d’une manière à ce que les membres des communautés puissent se les approprier et les utiliser. On y trouvera notamment les principales étapes de réalisation d’une activité et des stratégies et des techniques d’animation. Ce guide sera disponible en ligne et en format papier.

 

(cred)Sarah Bengle pour Exeko - Trickster@MTL

 

Ce projet est mis de l’avant et encadré par le Comité Ad Hoc Autochtone. Ce comité est composé de Alan Harrington, fondateur de Red Urban Project; Moe Clark, artiste multidisciplinaire; Widia Larivière coordinatrice jeunesse, Femmes Autochtones du Québec, cofondatrice, Idle No More Québec, cofondatrice, Mikana; Nadia Duguay, cofondatrice et codirectrice générale, Exeko; François-Xavier Michaux, cofondateur et codirecteur général, Exeko; Joël Basile, membre invité au siège inclusif.

Un grand merci à l'École Uauitshitun et au Centre de santé Tshukuminu Kanani pour leur accueil.

 

Ce projet a été rendu possible en partie grâce au gouvernement du Canada.

Nous reconnaissons également le soutien financier de la Fondation Marcelle et Jean Coutu.


 


 

For many years, the community of Nutashkuan hosts Trickster projects. This year, we are returning with a new project: Trickster: Raconte-moi ta langue, to which young participants from the 5th and 6th grade of Uauitshitun school will take part from the 28th of January to the 9th of December.

 

The project Trickster: Raconte-moi ta langue essentially reproduces the structure and activities of the Trickster project, but aims to integrate in its activities the learning and the transmission of indigenous languages. This is made possible thanks to the active participation in the project of cultural and language instructors from the community.

During this project, young participants will be invited to take part in various educational, recreational, and creative workshops focusing on the transmission of stories by elders and cultural instructors of their community. They will get the opportunity to practice elements of the Innu language in making the stories their own and in reinterpreting them. At the end of the project, it is expected that the young participants will present the result of their activities to their community.

Nutashkuan is the first community where this project will be hosted. In the next few months, this project will also be held in three other indigenous communities, each with its own linguistic realities: a Cree, an Anishinabe and a Kanien'kehá:ka community. In sum, Trickster: Raconte-moi ta langue will be a process of co-learning with four indigenous communities. We offer the tools of intellectual mediation to work in collaboration with the language instructors of the communities so as to identify good practices and activities that can contribute to the transmission and learning of indigenous languages. At the end of the project, we will make accessible a guide that will collect these good practices and activities, and that will present them such that the members of the communities may appropriate and use them. This guide will present the main steps for realizing an activity and tips for animating these activities. The guide will be made available online and in a printed format.

 

(cred)Exeko - Trickster @Natashquan

 

This project is presented and monitored by the Comité Ad Hoc Autochtone. The members of this committee are: Alan Harrington, founder of Red Urban Project; Moe Clark, multidisciplinary artist; Widia Larivière, Youth Coordinator, Femmes Autochtones du Québec, cofounder, Idle No More Québec, cofounder, Mikana; Nadia Duguay, cofounder and general codirector, Exeko; François-Xavier Michaux, cofounder and general codirector, Exeko; Joël Basile, invited member on the inclusive seat.

 

Many thanks to l’École Uauitshitun et to the Centre de santé Tshukuminu Kanani for their warm welcome and support.

 

This project has been made possible in part by the Government of Canada.

We also acknowledge the financial support of the Fondation Marcelle et Jean Coutu.

Nadine St-Louis, nouvelle administratrice au CA

 

Nadine St-Louis est une entrepreneure autochtone, métisse algonquine, elle a aussi des racines acadienne et écossaise et œuvre à réconcilier les multiples souches qui ont créé le Québec et le Canada d’aujourd’hui.

Elle détient une maîtrise en arts et en histoire de l’art de l’Université de Montréal depuis 1997 et est sur le point de compléter un diplôme d'études supérieures spécialisées en gestion d’organismes culturels de HEC Montréal. Forte de 25 années d’expérience en gestion de l’art et membre du collectif des conservateurs autochtones (CCA/ACC), Nadine St-Louis consacre ses efforts à promouvoir et à diffuser la culture autochtone en milieu urbain.

Entrepreneure, gestionnaire (Canadien National), formatrice, coach, conférencière, consultante en art autochtone (Conseil des arts du Canada), organisatrice de symposiums culturels (Institut Tshakapesh), agent d’artistes (Exposition 11 Nations, marché Bonsecours, Montréal), ainsi qu'artisane de cuir et pèrlage, Nadine St-Louis endosse de multiples fonctions et un riche parcours professionnel.. Elle est une femme reconnue pour son leadership et ses efforts pour l’inclusion sociale et la mise en avant des talents des artistes autochtones (surtout ceux situés en régions éloignées), des jeunes artistes qui intègrent les centres urbains et qui forment la relève, ainsi que ceux qui vivent en ville. Elle est fondatrice et directrice générale des Productions Feux Sacrés, un organisme à but non lucratif situé à Montréal permettant aux artistes autochtones d’avoir accès aux marchés de l’art et de retrouver un équilibre dans une économie culturelle. En 2015, Nadine St-Louis a mis en application ses connaissances en gestion et a lancé l’Espace Culturel Ashukan, une infrastructure permanente située sur la place Jacques Cartier dans le Vieux-Montréal. Elle y a développé un modèle d’affaire innovant pour professionnaliser et accompagner les artistes autochtones québécois et canadiens.

Nadine St-Louis est à la fois un agent de sensibilisation après des milieux économique et culturel à Montréal, mais aussi un vecteur de développement auprès des artistes autochtones qui veulent participer au rayonnement de l’art actuel québécois, canadien et international. 

Bienvenue Nadine !